Ça va barder (John Berry, 1955)

Un aventurier est chargé de récupérer la cargaison d’armes d’un armateur…

La netteté du découpage est digne d’un bon film noir américain (et pour cause…) mais l’intrigue est aussi incompréhensible qu’inintéressante. Plusieurs péripéties évoquent plaisamment Tintin. On se demande souvent si on est devant une parodie ou devant une vraie série noire sans que jamais ce mélange bizarre d’outrance caricaturale et de sérieux n’atteigne un quelconque équilibre.

 

Le navire des filles perdues (Raffaello Matarazzo, 1953)

Au XVIIIème siècle, une fille de bonne famille qui a fait accuser sa cousine de l’infanticide qu’elle a commis retrouve celle-ci dans les cales du galion de son voyage de noces.

Il arrive un moment dans ce mélodrame feuilletonesque où l’énormité des coïncidences le décrédibilise. Ce moment, c’est celui où tout le monde se retrouve sur le bateau. Débarrassé de toute préoccupation réaliste, le film prend alors l’allure d’une allégorie chrétienne où Matarazzo fustige violemment un ordre social vicié. A la manière des films de Cecil B. DeMille, Le navire des filles perdues tire sa beauté de l’extrémisme de ses effets dramatiques: la pureté naïve des scènes de prédication n’a d’égale que le délire -jusqu’à la caricature- des scènes sadiques et érotiques. Il est regrettable que la fadeur du GevaColor amoindrisse le potentiel de cette mise en scène ultra-baroque.