Rapport confidentiel (Report to the commissioner, Milton Katselas, 1975)

A New-York, l’enquête sur la mort d’une jeune policière infiltrée chez un trafiquant de drogue révèle les dessous d’un commissariat.

Les quelques artifices dramatiques de la dernière partie altèrent à peine la saveur réaliste de ce très bon polar où les rues du coeur de Manhattan sont restituées dans tout leur grouillement.  La complexité de l’intrigue évite l’univocité dans le pessimisme (car un polar américain des années 70 est forcément pessimiste).

Les guerriers de l’enfer (Who’ll stop the rain, Karel Reisz, 1978)

De retour du Viet-Nam, un aventurier accepte d’acheminer de l’héroïne aux Etats-Unis pour le compte d’un ami correspondant de guerre…

Adapté du roman Dog Soldiers de Robert Stone puis intitulé d’après la chanson éponyme de Creedence Clearwater Revival, Who’ll stop the rain est un polar désespéré dans lequel la drogue cristallise la décrépitude morale d’une nation. Une seule chose empêche le propos de verser dans le nihilisme le plus complet: le sens de l’amitié qui, envers et contre tout, motivera le magnifique personnage interprété par Nick Nolte. Figurez vous un film de Peckinpah sans la vulgarité du style de Peckinpah. La mise en scène de Karel Reisz est plus retenue, plus sèche, plus élégante, plus simple. Classique en un mot. En filigrane de la fuite qu’il raconte, Who’ll stop the rain retrace avec acuité le fourvoiement des Américains idéalistes confrontés à la guerre du Viet-Nam. Avec une belle poésie mélancolique, il fait sentir comment le rêve hippie a tourné au cauchemar sous héroïne.

Bang the drum slowly (John D. Hancock, 1973)

Un excellent joueur de base-ball pose une condition inhabituelle à son engagement dans un nouveau club: il exige que son pote, pas très brillant et atteint d’un cancer, soit recruté avec lui. Ce sera leur dernière saison ensemble.

Le cadre du film de base-ball est l’occasion de célébrer l’amitié et la camaraderie. En dehors d’un nombre important de ralentis, figure obligée et malheureusement très laide du genre, la mise en scène relativement sobre empêche le film de sombrer dans le vulgaire tire-larmes. Ce malgré l’aspect mélodramatique du sujet et son traitement très sentimental voire naïf. Robert De Niro à ses débuts est touchant dans son rôle de péquenaud condamné. A noter enfin que d’après son livre d’entretiens avec Lawrence Grobel, Bang the drum slowly serait le film préféré d’Al Pacino.