Le matin de la famille Osone (Keisuke Kinoshita, 1946)

La vie d’une famille japonaise, avec son oncle militariste et ses enfants quasi-pacifistes, pendant les deux dernières années de la seconde guerre mondiale.

Morne (le décor ne varie guère) et académique (toujours ces gros plans mécaniques sur les visages déformés de comédiennes appuyer l’émotion).

L’éclair (Mikio Naruse, 1952)

Une jeune fille dégoûtée par les combinaisons sordides de ses soeurs est mal à l’aise au foyer familial.

L’austérité étouffante de la mise en scène est nuancée par les moments où la jeune soeur, excellemment interprétée par Hideo Takamine, s’évade de son quotidien grâce, notamment, à la musique jouée par sa voisine. Le côté désespérant de son environnement est retranscrit avec justesse par Naruse, cinéaste nettement plus subtil que Bergman lorsqu’il s’agit de portraiturer des femmes et leurs désirs sans la moindre complaisance. Le film est très beau grâce à la façon dont il neutralise cette dialectique étouffement familial/soif d’évasion: un final sublime où surgit l’éclair éponyme en même temps qu’explose un torrent d’amour filial.