The black watch (John Ford, 1929)

Le capitaine King de l’armée britannique part en Inde alors que commence la Première guerre mondiale, passant pour un lâche aux yeux de ses camarades. En réalité, il est en mission secrète pour libérer des soldats britanniques détenus dans cette région…

Le début est typiquement fordien avec départ de soldats à la gare, chants collectifs et adieux des épouses. C’est assez réussi malgré la lenteur inhérente à ces tout-débuts de cinéma parlant. Après le départ en Inde, le scénario vire au grand n’importe quoi et le jeu excessivement solennel des acteurs achève de faire de The black watch un véritable navet. A noter que plusieurs scènes de dialogue n’ont pas été dirigées par Ford mais par le comédien Lumsden Hare.

Arrowsmith (John Ford, 1931)

L’histoire d’un jeune médecin idéaliste, partagé entre ses ambitions dans la  recherche et les soins à la population.

Production Goldwyn statique, bavarde et un peu édifiante (mais pas trop,     l’oeuvre recèle son lot de dilemmes). Ford insuffle un peu de sa fantaisie lors  des séquences dans la campagne américaine mais sur la longueur, le film  s’avère assez ennuyeux.

Love me tonight (Rouben Mamoulian, 1932)

Un tailleur parisien séduit des princesses dans l’entourage d’un aristocrate ruiné qui lui doit de l’argent.

Merveilleuse opérette Paramount dans la veine des meilleurs Lubitsch de l’époque. On retrouve le délicieux couple formé par Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald. Les ingrédients sont les mêmes mais en terme de style, la désinvolture aristocratique de Lubitsch est remplacée par quelque chose de plus imposant. Le découpage de Mamoulian est très sophistiqué et son film contient nombre de morceaux de bravoure mettant remarquablement en valeur la musique entraînante de Rodgers et Hart. On est plus proche de la véritable comédie musicale que dans Une heure près de toi, le chef d’oeuvre de Lubitsch avec Chevalier et MacDonald qui sortait la même année, ne serait-ce que parce que la mise en scène a ici un côté chorégraphique qu’elle n’a pas chez le maître berlinois. D’une manière générale, Love me tonight est un film extraordinairement dynamique. Jouant brillamment avec les archétypes (l’ouverture à Paris est un fabuleux condensé des clichés sur les Français dans les comédies hollywoodiennes de la grande époque), Love me tonight est une oeuvre parmi les plus drôles, les plus joyeuses, les plus éblouissantes de son temps.