La communion solennelle (René Féret, 1977)

L’histoire d’une famille du Nord de la France au XXème siècle.

La chronologie éclatée introduit une absurde confusion dans cette histoire qui n’en demeure pas moins prenante grâce à sa richesse intrinsèque et à la chaleur de son interprétation; stars, futures stars et inconnus brillent également. Réalisant une des rares fresques familiales françaises -genre plus prisé par les Italiens et les Américains- René Féret évite aussi bien la mièvre démagogie que le cynisme facile pour emprunter la voie étroite de la justesse des observations.

Je vais craquer (François Leterrier, 1980)

Un cadre père de famille retrouve un copain d’adolescence devenu acteur et vit une crise existentielle.

Adaptation d’une bande dessinée de Gérard Lauzier amusante mais superficielle du fait d’une mise en scène qui ne fait guère plus qu’illustrer le texte. Il en résulte que les personnages se réduisent à leurs caricatures (exemple: l’amoureuse foldingue jouée par Anémone). Les illusions hédonistes du petit-bourgeois sont joliment brocardées mais la portée de la satire s’étrique au fur et à mesure que le film se concentre sur l’itinéraire, attendu, du héros. Bref, Je vais craquer aurait pu être une grande comédie subversive, c’est simplement un plaisant divertissement. C’est déjà pas mal.

Détective (Jean-Luc Godard, 1985)

Saboter son intrigue, briser la continuité des séquences, user des écrans noir, désynchroniser le son…ça pouvait passer pour de l’inventivité dans les films pop des années 60, des films qui en dépit de ces artifices de petit malin, respiraient l’envie et l’amour du cinéma. Vingt ans après, ce ne sont que les tics auto-complaisants d’un génie fâné, plus intéressant lors de ses apparitions médiatiques que lorsqu’il réalise des films.