Bona (Lino Brocka, 1980)

Dans un bidonville philippin, une jeune fille amoureuse d’un acteur de troisième ordre devient sa boniche.

L’attirance de la jeune fille pour le bellâtre n’est pas rendu suffisamment sensible, ce qui amoindrit la dialectique dramatique. Peut-être le ton, plus léger que celui de Insiang, aurait-il gagné à être franchement comique. En revanche, Lino Brocka nous gratifie, par la bande, d’un percutant documentaire sur les bidonvilles philippins. En particulier, la dérisoire aliénation de la jeunesse sous l’emprise culturelle anglo-saxonne est cocassement restituée.

Tatlong Taóng Walang Diyos (Mario O’Hara, 1976)

Pendant l’occupation japonaise, une Philippine fiancée à un résistant est violée par un soldat qui tombe sincèrement amoureux d’elle et demande sa main.

Du grand cinéma philippin, où les péripéties du mélodrame font d’autant mieux ressortir la proverbiale absurdité de la guerre. L’abrupt des transitions maintient l’intensité dramatique à un haut niveau, quitte à ce que ça paraisse parfois un peu forcé. Un sens du sacré, traduit notamment par des chants populaires, hausse le ton de l’oeuvre au tragique, malgré le kitsch de certains aspects du style (goût pour le grand angle, surutilisation des quatre mêmes notes de basses dans la bande-son…).