Un soir de réveillon (Karl Anton, 1933)

Pendant les fêtes de fin d’année, un riche noceur s’entiche d’une jeune fille surveillée par son chauffeur.

Il y a quelques traits amusants, Meg Lemmonier est mignonne mais Karl Anton n’a aucun sens du rythme. D’où que sa comédie est trop longue d’au moins une demi-heure, jusqu’à se déliter dans un final aussi dispendieux que filandreux.

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Les 28 jours de Clairette (André Hugon, 1933)

Capture

Apprenant qu’elle est trompée, l’épouse d’un réserviste rejoint celui-ci dans sa caserne…

Un vaudeville troupier vulgaire à bien des endroits (les seconds rôles en roue libre) mais assez efficace. André Hugon fait preuve d’une relative inventivité stylistique (les nombreux travellings, le plan sur les soldats de plomb) qui ne rehausse guère l’intérêt de la pochade mais qui contribue à me le rendre encore plus sympathique.

 

Toi c’est moi (René Guissart, 1936)

Un noceur envoyé par sa tante aux colonies pour travailler dans une plantation intervertit son identité avec celle de son meilleur ami…

Moins dynamique et plus attendue dans son déroulement que le merveilleux Dédé, cette nouvelle adaptation d’une opérette par René Guissart se distingue également par la grivoiserie de son esprit. Il faut voir Claude May montrer ses seins, Pauline Carton chanter l’éveil de ses sens sous les palétuviers ou Pills fuir un crocodile en plastique pour se rendre compte du degré de naturel dans la fantaisie (pour ne pas dire le n’importe quoi) que pouvaient atteindre les petits(?) maîtres de la comédie française des années 30. Si les suaves Pills et Tabet n’ont pas l’entrain d’un Albert Préjean, la bonne humeur des seconds rôles -en tête desquels le génial Saturnin Fabre- est communicative. Le découpage de Guissart sait se faire inventif, à l’exemple du long travelling découvrant l’appartement des deux amis fêtards. Tout ça pour dire que Toi c’est moi est un film très amusant.

Tcheriomouchki, quartier des cerises (Gerbert Rappaport, 1962)

En URSS, de jeunes couples s’installent dans un nouveau quartier…

Adaptation cinématographique de la seule opérette de Chostakovitch. Il y a des chansons entêtantes mais comment ne pas être atterré devant cette conception du « rêve soviétique »: des cités d’immenses blocs de béton dont l’architecture a inspiré nos trop fameux grands ensembles. Le décalage entre le film et le spectateur est accentué par une mise en scène kitschissime: couleurs hideuses et transparences encore plus visibles que chez Hitchcock.

Dédé (René Guissart, 1934)

L’épouse d’un marchand de chaussures en difficulté tombe dans les bras d’un riche noceur pour que celui-ci rachète le magasin de son mari…

C’est l’axe central autour duquel les auteurs ont, avec adresse et élégance, noué une kyrielle d’intrigues, faisant se croiser mauvais garçons, bourgeois, danseuses, fils à papa et petites employées. Ce vaudeville est de surcroît alimenté par une multitude de trouvailles fantaisistes, tel ce tapeur transformé en gérant qui a l’idée d’employer des danseuses des Folies-Bergères pour vendre ses chaussures. Le rythme vif sans être épuisant, l’abattage d’Albert Préjean, la verve vacharde des dialogues, l’humour des seconds rôles, l’ampleur quasi « busby-berkeleyienne » des chorégraphies (trait assez extraordinaire dans le cinéma hexagonal) et, bien sûr, la gaieté entraînante des chansons font déjà de Dédé un réjouissant archétype de comédie française des années 30, le genre où la richesse d’invention ne le cédait en rien à l’efficacité du spectacle. Mais il y a une cerise sur la gâteau: c’est la franche gaillardise qui accommode adultère et happy end, c’est l’érotisme égrillard qui montre Danielle Darrieux, alors tout juste nubile, en guêpière transparente. Cette liberté de ton augmente encore la puissance de l’euphorisant Dédé jusqu’à l’apparenter à un véritable antidépresseur.

Le chemin du Paradis/Die drei von der Tankstelle (Wilhelm Thiele, 1930)

Mis à la porte par leur bailleur, trois amis ouvrent une station-service.

Incommensurable nullité de cette comédie musicale allemande qui non seulement est dénuée de toute consistance dramatique, déroulant laborieusement un semblant de récit archi-prévisible, mais qui est de surcroît mise en scène avec une rigidité qui coupe court à toute velléité d’entrain. Fred Astaire a définitivement ringardisé cet immense succès des débuts du parlant et ce n’est que justice.

Enlevez-moi (Léonce Perret, 1933)

Un homme qui croit refiler sa maîtresse à un ami lui refile en fait sa soeur.

La désuétude de cette opérette n’empêche pas une certaine liberté de ton. Il y a de la fantaisie mais le travail de Léonce Perret est routinier.   Le surjeu des comédiens et les facilités de l’intrigue empêchent toute forme de vraisemblance mais Arletty jeune (et jolie) est déjà remarquable. Comme le montre le final où l’équipe technique est filmée, personne n’est dupe dans cette entreprise. Enlevez-moi n’est pas franchement nul mais sa portée est tout de même limitée.