La fille aux yeux d’or (Jean-Gabriel Albicocco, 1961)

Un cynique séducteur tombe amoureux d’une mannequin sous la coupe d’une créatrice de mode.

C’est une adaptation contemporaine du roman de Balzac. Le style d’Albicocco est celui d’un esthète baroque, ce qui assure une certaine tenue au film mais en limite la vérité dramatique à certains endroits.

Amore mio (Raffaello Matarazzo, 1964)

Un père de famille s’amourache d’une jeune fille qu’il a sauvée du suicide.

Nettement moins rigide dans sa narration que certains mélos des années 50, ce dernier film de Matarazzo est d’autant plus fort que « chacun y a ses raisons ». Aucune facette du drame n’a été oblitérée dans ce joyau d’épure et de simplicité. Le sujet de la bigamie est traité avec franchise et les conclusions, particulièrement désenchantées, sonnent juste. C’est comme si, en ce début des années 60, en même temps que l’ensemble du cinéma, Matarazzo avait mûri. Se permettant une fin relativement ouverte, ce cinéaste catholique et droit montre l’impossibilité morale du divorce en même temps que celle, affective, d’une éternelle monogamie. C’est assez déchirant d’autant que les effets dramatiques sont ici bien plus mesurés que dans ses mélos précédents. Pleines d’humour, de tendresse et de cruauté, les scènes avec la petite fille sont dignes de Comencini. Une bonne idée de cinéma parmi d’autres: baisser la caméra au niveau de son visage durant une dispute de ses parents, reléguant ceux-ci hors-champ. Amore mio gagnerait donc à être redécouvert.