Lucky Jo (Michel Deville, 1964)

A sa sortie de prison, un gangster malchanceux se retrouve soupçonné d’un braquage commis par ses anciens complices.

Le mariage entre la fantaisie mélancolique de Michel Deville et la série noire fait merveille. Le cadre du genre canalise l’inspiration du réalisateur et refrène ce sentiment d’arbitraire artificiel qui émane de la majorité de ses films. En dehors d’un ou deux raccourcis, le déroulement du récit garde une certaine logique. Eddie Constantine parfait en gangster fatigué, la musique de Delerue, des trouvailles de mise en scène comme le chien errant et des digressions où l’amitié est filmée comme dans Touchez pas au grisbi sont autant de qualités qui contribuent à faire de Lucky Jo un polar crépusculaire bien plus attachant que les films que Sam Peckinpah a ensuite tournés sur des thèmes analogues.

Vive Henri IV…vive l’amour! (Claude Autant-Lara, 1961)

Pour mieux pouvoir la séduire, Henri IV arrange la mariage de mademoiselle de Montmorency avec le prince de Condé…

Le cabotinage des uns et des autres peine à enlever une mise en scène désolante d’académisme. Dommage, le récit, habilement inspiré d’une des anecdotes les plus piquantes du règne du Vert galant, aurait pu donner lieu à une savoureuse comédie historique.

Les mariés de l’an II (Jean-Paul Rappeneau, 1971)

En 1793, un homme qui était en Angleterre depuis cinq ans revient en France pour divorcer de son épouse.

La fantaisie naturelle et l’abattage de Jean-Paul Belmondo plus à sa place ici que Noiret dans La vie de château ou Olivier Martinez dans Le hussard sur le toit compensent le côté mécanique et artificiel propre aux comédies, certes toujours menées tambour battant, de Jean-Paul Rappeneau. Les personnages et le récit restent superficiels mais ce mixte improbable (et affadi) entre Quatrevingt-treize et Cette sacrée vérité est un film plaisant qui bénéficie en outre d’un joli thème musical de Michel Legrand.