Rosa la rose, fille publique (Paul Vecchiali, 1985)

Une jeune prostituée est la reine de son quartier jusqu’au jour où elle tombe amoureuse…

Cette trame canonique montre l’ambition de Paul Vecchiali qui est celle de poursuivre la tradition du cinéma populiste des années 30. Pour une fois, c’est pleinement convaincant. Son appréhension du milieu n’a rien de réaliste. On est dans un univers de pacotille revendiqué comme tel avec  force stylisation des éclairages; on songe à du Fassbinder débarrassé des oripeaux politico-socioligico-brechtiens. Plusieurs personnages secondaires sont drôles et bien croqués. Les unités de lieu, de temps et d’action sont respectées.
Bref, Rosa la rose, fille publique est un film rigoureusement conventionnel. Néanmoins, parce qu’il dépasse les archétypes pour l’écriture des personnages, Vecchiali atteint à une certaine vérité des sentiments, une vérité qui elle n’a rien de conventionnelle mais qui est plutôt paradoxale. Par exemple, le souteneur n’est pas un salaud mais un quinquagénaire cinéphile qui épargne pour ses vieux jours. Bref, un film simple, vivant, beau.