Le pavillon noir (The spanish main, Frank Borzage, 1946)


Un film de pirates conventionnel dans lequel on retrouve la patte de Borzage. En effet, au-delà des péripéties habituelles au genre, Le pavillon noir est un vrai film d’amour entre le pirate et sa captive. Les séquences les plus intéressantes du film sont celles qui mettent à jour les divers simulacres des tourtereaux. Malheureusement, la partie « aventures » n’est pas très bien menée, les ficelles du scénario sont très grossières. Le pavillon noir est plusieurs coudées en dessous de La flibustière des Antilles qui lui est la fusion parfaite entre entre le film de pirates et une sensibilité secrètement mélodramatique.

Barbe-noire le pirate (Raoul Walsh, 1952)

Abordages, duel au sabre, île au trésor…Tout le cahier des charges du film de pirates figure dans cette évocation de la vie du mythique Barbe-Noire. Pourtant, Captain blood semble bien loin. La piraterie est ici montrée dans toute son immoralité. Barbe-Noire est une pure incarnation du mal, un démon cupide, trahissant ses hommes, ne faisant aucun cas de la vie humaine et finissant même par revenir d’entre les morts. Sa seule motivation est l’or. Plusieurs séquences sont parmi les plus cruelles tournées à l’époque. L’interprétation de Robert Newton est outrageusement cabotine, délibérément outrancière mais elle s’avère in fine idéale pour incarner cette figure hors du commun. Face à lui, le gentil chirurgien joué par Keith Andes apparaît terriblement fade. Dommage aussi que le caractère répétitif et superficiel de la narration ne rende le film intéressant que par intermittences.