La danseuse idole (D.W Griffith, 1920)

Sur une île du Sud, une métisse païenne est aimée par le neveu du révérend et par un aventurier athée.

Un des moins bons films de Griffith: la lourdeur embarrassante du message évangéliste, la fausseté condescendante de la représentation où les indigènes sont joués par des blancs barbouillés de noir et la mièvrerie décousue du scénario ne sont nullement transfigurées par une mise en scène statique et convenue.

The Hurricane (John Ford, 1937)

L’histoire d’un indigène polynésien mais fervent catholique et victime des injustes lois françaises. C’est une métaphore à peine voilée de la situtation en Irlande. Ne pas oublier qu’à cette époque, Ford, soutien actif de l’IRA mais aussi des républicains espagnols, est clairement du côté des révoltés. L’année précédente, il adaptait le poète nationaliste Sean O’Casey dans Révolte à Dublin. Le film rappelle à bien des égards Je n’ai pas tué Lincoln, tourné deux ans auparavant: le combat d’un homme injustement emprisonné filmé avec plein d’ombres et aux prises avec un maton sadique joué par John Carradine. Malheureusement, The Hurricane souffre de la comparaison avec son prédécesseur. Les clairs-obscurs sont ultra-appuyés mais on ne retrouve guère l’harmonie qui caractétérise habituellement la composition des plans de John Ford. D’où, couplé à un lourd symbolisme, l’impression pesante de la mise en scène. Lourdeur qui se retrouve également dans la schématique histoire de Dudley Nichols. Bref, un film paralysé par la lourdeur des intentions aussi bien morales qu’esthétiques de ses auteurs.