L’aventure d’une nuit (Remember the night, Mitchell Leisen, 1940)

Un procureur paye la caution de la voleuse qu’il a entraîné derrière les barreaux et, comme elle est seule, se retrouve à passer Noël avec elle.

L’artifice du postulat est vivifié par la finesse maintenue de l’écriture jusqu’au peu crédible dernier rebondissement et par le couple Fred MacMurray/Barbara Stanwyck, soutenu par la grande Beulah Bondi. Ce film assez peu comique de Mitchell Leisen écrit par Preston Sturges fait songer à du Leo McCarey en un peu moins bien.

 

Vie facile (Mitchell Leisen, 1937)

Lors d’une scène de ménage, un riche banquier jette le nouveau manteau en fourrure de sa femme par dessus le balcon; manteau qui atterrit sur la tête d’une sympathique working-girl. S’ensuit une série de quiproquos jouant sur une supposée relation entre le banquier et la jeune fille déroulés suivant un excellent scénario de Preston Sturges. Un des miracles de la « screwball comedy »,  c’est d’arriver, via des personnages très typés voire caricaturaux et des péripéties de théâtre de boulevard, à une vérité sur les rapports entre hommes et femmes que peu des films sérieux ont atteint depuis. Ici, cela concerne particulièrement leur « représenté » social, c’est-à-dire le fossé entre ce que les gens imaginent de vous et la réalité. Pour expliquer ce paradoxe qui n’en n’est pas un pour qui se rappelle que « grand art » ne rime pas avec « pensum », on pourrait avancer que les conventions narratives n’empêchaient pas une réjouissante liberté de ton de la part des auteurs. D’ailleurs, Vie facile est également une satire percutante des dérives irrationnelles du capitalisme financier. Des acteurs habitués au genre, des répliques spirituelles, un réalisateur qui ne perd jamais le sens du rythme -bref le lustre de la facture Paramount- achèvent de faire du film un petit classique de la comédie américaine.