L’invasion secrète (Roger Corman, 1964)

En 1943, un commando formé par des criminels est chargé de délivrer un général enfermé dans une imprenable forteresse yougoslave….

Cela préfigure Les douze salopards, sorti trois ans plus tard. Moins nihiliste que le film d’Aldrich, L’invasion secrète ne s’appuie guère sur la crapulerie de ses personnages mais préfère développer un classique film de commando avec brio et efficacité: un insert mélo inattendu mais assez cohérent, une belle appréhension des décors naturels de Dubrovnik, des situations de l’action variées entre montagnes, souterrains, cimetières et prison ainsi qu’une fin dont l’ingéniosité sous-tend un vrai propos politique en sont les principales qualités.

Le signe de Vénus (Dino Risi, 1955)

Une dactylographe cherche le grand amour en compagnie de sa cousine, canon de beauté.

Le signe de Vénus est une sorte de transition entre les téléphones blancs et la comédie italienne des années 60. En plus d’être relativement ancrée dans la société de l’époque, la mise en scène du canevas à l’eau de rose -des jeunes femmes qui rêvent du prince charmant- a des accents satiriques; à l’image de la métamorphose de Vittorio de Sica, bellâtre emblématique de la comédie mussolinienne, en séducteur minable. L’inspiration comique est plus timide qu’elle ne le sera dans les chefs d’oeuvre ultérieurs de Risi mais le film étonne plusieurs fois par sa dureté assumée et son refus des conventions. Ainsi de la frappante amertume du plan final. De plus, la distribution est remarquable.