A cheval sur le tigre (Luigi Comencini, 1961)

Un sympathique demeuré est entraîné par trois criminels dans leur évasion…

La première partie, dans la prison, est assez rébarbative. Aussi bien en termes visuels qu’au niveau de la caractérisation des protagonistes, elle manque de nuances et de variété. Ce type de traitement n’incite guère à s’intéresser à un personnage de demeuré. C’est dans la deuxième partie que A cheval sur le tigre s’étoffe considérablement jusqu’à atteindre, par le jeu de la dialectique dramaturgique, une grandeur dans l’humanisme douloureux qui rappelle que c’est bien Luigi Comencini derrière la caméra.

Nous les gosses (Louis Daquin, 1941)

Des écoliers oublient leurs disputes pour collecter l’argent nécessaire à la réparation d’une verrière cassée par un camarade maladroit.

Louis Daquin est plus connu pour son engagement au P.C.F et son zèle lors de l’épuration que pour son œuvre de cinéaste. En 1941, l’URSS est encore alliée avec l’Allemagne et ce film, le premier du réalisateur, qui fait l’apologie du travail et des copains permet de voir que la morale communiste et la morale vichyste se rejoignent en fait assez facilement. Mais pourquoi pas après tout? On a bien le droit de défendre le travail et la solidarité. Le problème est que l’importance du « message » rend le scénario franchement grossier. Le film n’est pas aidé par la fantaisie en carton des seconds rôles (navrant personnage de Pierre Larquey). Heureusement la vivacité des gamins contrebalance cela. On retrouve un peu du charme de La guerre des boutons mais quelque peu écrasé par les intentions moralisatrices.