Mimi Pinson (Robert Darène, 1958)

Une jeune fille habitant une chambre mansardée sur l’île Saint-Louis est menacée d’expulsion mais le représentant de la société propriétaire tombe amoureux d’elle.

Pas si nul qu’on aurait pu l’imaginer. D’abord, il y a le plaisir de voir les quais parisiens et les Halles dans les années 50. Robert Darène filme ça sans génie mais respectueusement des lieux et des personnes. Il évite les raccords superflus. Ensuite, en mettant en scène une jeune fille préférant habiter dans un studio peu fonctionnel mais charmant du centre de Paris plutôt qu’un confortable appartement moderne en banlieue, cette transposition auto-réflexive de la pièce de Musset effleure le sujet éternel mais assez peu traité au cinéma de la jeunesse bohème (aujourd’hui on dirait « bobo »). Le style un peu terne de Darène empêche une véritable célébration de l’anticonformisme solaire de son héroïne mais c’est mignon sans être tout à fait niais.

Ronde de nuit (Jean-Claude Missiaen, 1984)

A Paris, deux policiers enquêtent sur la mort d’un député…

Très embarrassant. La confusion de la narration n’a d’égale que la mollesse du rythme, la fausseté des dialogues (du sous-Audiard qui évoque Pas de bégonia pour le cave) et l’absence d’implication des comédiens. A retenir un personnage de tueuse noire qui a peut-être inspiré celui de Grace Jones dans Dangereusement vôtre, un pessimisme final étonnant et quelques jolis plans de Paris la nuit.

Le rose et le blanc (Robert Pansard-Besson, 1982)

Dans un immeuble parisien, des évènements oniriques surviennent sous l’impulsion d’un romancier.

Cet unique long-métrage de fiction du réalisateur de Tours du monde, tours du ciel est une oeuvre d’inspiration surréaliste. On songe à Bunuel, Lynch et surtout Alain Resnais pour la fantaisie ludique et un brin franchouillarde. Moins solennel que les films de ce dernier, Le rose et le blanc s’avère tout aussi  vain et insignifiant à force de confusion délibérée et arbitraire.