Le diable au corps (Claude Autant-Lara, 1947)

Pendant la première guerre mondiale, la liaison entre un lycéen et l’épouse d’un soldat au front.

Le roman de Radiguet était court, direct et brûlant de la sensibilité de son très jeune auteur. L’adaptation d’Autant-Lara est pesante, longuette et superficielle. Des ravages de l’académisme ou quand le sel d’un chef d’oeuvre littéraire est ruiné par des comédiens affectés (Gérard Philippe), un metteur en scène plus focalisé sur sa direction artistique (ha ça, les décors de Max Douy sont toujours aussi réussis) que sur les sentiments de ses héros et des auteurs qui délaient laborieusement leur propos « anti-bourgeois » au lieu d’affiner la psychologie de leurs personnages.

Reste que le rebelle officiel Claude Autant-Lara est un cinéaste un peu moins pudibond que, disons, René Clément ou Marcel Carné. Non que Le diable au corps soit un grand film d’amour mais au moins, l’attirance charnelle entre les deux amoureux y est signifiée. Le plan du baiser volé au restaurant rappellera des souvenirs à quiconque a déja été assis dans un café à côté d’une femme ne sachant pas ce qu’elle voulait. Ce n’est rien à côté de la formidable puissance d’évocation du livre mais c’est toujours ça de pris à un film méchamment suranné.