Identité judiciaire (Hervé Bromberger, 1951)

Un commissaire parisien enquête sur les meurtres d’un sadique…

Comme Rafles sur la ville, Identité judiciaire est un polar français qui met l’accent sur le réalisme. Les flics ne sont pas héroïsés, le travail au commissariat est montré dans toute sa quotidienneté et la dureté parfois injuste avec laquelle sont traités les suspects n’est pas escamotée. Raymond Souplex excelle dans un rôle en or. Si sa mise en scène avait été un peu plus nerveuse, Hervé Bromberger aurait signé un grand film.

Meurtres? (Richard Pottier, 1950)

Un brave homme euthanasie sa femme en phase terminale et fait alors scandale dans sa famille bourgeoise.

Meurtres? est un film parfaitement symptomatique de la qualité française, cette « tendance du cinéma français » circonscrite par Truffaut qui a plus à voir avec la bassesse de l’inspiration de scénaristes prétentieux et confits dans leurs certitudes qu’avec l’académisme de la mise en scène (une tare universelle). En effet, Henri Jeanson se montre ici aussi mesquin que lorsqu’il écrivit Un revenant. Dramaturge médiocre, ses personnages sont d’abord des prétextes pour ses « bons » mots, en dépit de tout naturel et de toute crédibilité. Tout est sur des rails, la critique de la « bourgeoisie » est absolument arbitraire et schématique tant la conduite des personnages ne souffre aucune nuance. Aucune surprise ne viendrait introduire un peu de vie dans ce film par ailleurs étouffé par le pesant sérieux de sa mise en scène et par un montage qui se fait fort de gommer toute trace d’hésitation ou de pause dans le déroulement des dialogues. Assommant.