La rue sans nom (Pierre Chenal, 1934)

Un bandit en cavale s’incruste avec sa fille chez un ancien complice devenu père de famille ouvrier.

Visiblement très influencé par Pabst, Pierre Chenal a privilégié l’esthétisme à la fluidité. Force est de constater que le roman de Marcel Aymé est beaucoup plus riche d’évocations et d’émotions que son adaptation cinématographique (à propos de laquelle fut pour la première fois employée l’expression « réalisme poétique »).

Le récif de corail (Maurice Gleize,1939)

En Australie, un fuyard rencontre une fuyarde…

Réalisé dans la foulée du succès de Quai des brumes, Le récit de corail est un assez joli film. Evidemment, Jean Gabin, Michèle Morgan et Pierre Renoir ne sont guère crédibles en Australiens. Le réalisme poétique se fait ici beaucoup plus poétique que réaliste. Le pays des kangourous est réduit à un désert, une ville et une île lointaine. Le désert permet aux proscrits de se réfugier, la ville leur permet d’être pourchassés et l’île leur permet d’avoir la nostalgie d’un ailleurs. Ça cadre parfaitement avec la mythologie du courant dans lequel le film de Maurice Gleize s’inscrit pleinement. Aidé par une très belle photo de Kruger, le cinéaste fait preuve d’un étonnant talent visuel qui donne une consistance lyrique et onirique à un récit aux articulations poussives. On appréciera également l’absence de diabolisation des opposants au héros à laquelle l’auteur préfère la compassion généralisée (soit le contraire d’un scénario à la Prévert).