Le bienfaiteur (Henri Decoin, 1942)

Un philanthrope qui fait le bonheur d’une petite ville de province est en réalité à la tête d’une bande de malfrats parisiens…

Le scénario de ce vague plagiat de L’étrange monsieur Victor est cousu de fil blanc mais Raimu est très bon. La scène où il supplie le flic de ne pas mettre au courant sa fiancée a beau être attendue, il la joue avec une telle implication émotionnelle qu’elle est difficilement résistible.

Coeurs joyeux (Hanns Schwarz et Max de Vaucorbeil, 1932)

Un projectionniste qui a été forcé à aider des voleurs de bijoux s’entiche de la soeur de leur chef.

Coeurs joyeux est un spectacle ravissant de fraîcheur naïve: la sympathie du couple formé par Jean Gabin et la douce Josseline Gaël, la poésie du découpage, le charme de la musique et la liberté d’un récit qui marie tranquillement lyrisme quotidien à la Frank Borzage (le héros qui moût le café dans des coussins pour ne pas réveiller son invitée !), scènes chantées et péripéties façon Tintin sont autant de qualités qui donnent du corps à un plaisant populisme de bande dessinée tout en faisant oublier les quelques flottements du rythme et de la narration.

La banque Nemo (Marguerite Viel, 1934)

L’ascension d’un arriviste au sein d’une petite banque…

Adaptation d’une pièce au cynisme réjouissant signée Louis Verneuil. La mise en scène de Marguerite Viel (supervisée par Jean Choux) n’apporte aucune plus-value et, dans les rares instants où des trucs sont tentés avec le montage, a plutôt tendance à épaissir le trait (cf l’achat du manteau). Il n’en reste pas moins que La banque Nemo se regarde toujours avec plaisir et que le propos, qui annonce celui du formidable Avec le sourire, n’est pas prêt de vieillir. Extraordinaire scène de conseil des ministres qui fut censurée à la sortie.