A gauche en sortant de l’ascenseur (Edouard Molinaro, 1988)

Le rendez-vous d’un peintre avec sa potentielle maîtresse est compromis par les scènes de ménage de ses voisins.

L’idée de Gérard Lauzier, qui a adapté sa propre pièce, est d’accumuler les situations créant des malentendus pour retarder le rencard du personnage de Pierre Richard. Affaire d’écriture autant que de mise en scène puisque c’est des interactions entre les personnages et le décor dans lequel ils évoluent que viennent la plupart des obstacles. Le burlesque vaudeville est brillamment agencé jusqu’à l’apparition du pistolet. Là, on sent l’artifice du narrateur pour relancer sa machine à bout de souffle. Les couleurs sont vives comme celle d’une bande dessinée belge et Edouard Molinaro filme le tout avec des mouvements d’appareil qui accélèrent le rythme. Emmanuelle Béart, alors jeune et mimi, passe l’intégralité du film en petite tenue. Bref, c’est sympa.

Martin et Léa (Alain Cavalier, 1978)

Un ouvrier passionné de chant tombe amoureux d’une Eurasienne qui vit en fournissant des filles à un riche monsieur de sa connaissance.

Selon un processus cher à Alain Cavalier, Martin et Léa intègre des éléments véridiques de l’histoire du couple véridique présent à l’écran au scénario de la fiction dont ce couple est ici l’objet. Si certains enchaînements narratifs ne sont pas convaincants (le drame du dernier acte apparaît très, trop, soudain), la peinture des deux amoureux brille par sa justesse. Quoique son style reste foncièrement réaliste, le cinéaste a ôté de son film un maximum d’éléments sociologiques pouvant le contextualiser trop précisément. Sa représentation de l’amour atteint ainsi une sorte d’universalité et de pureté incandescente qui rappelle Frank Borzage d’autant plus que, à l’instar de l’auteur de Ceux de la zone, Cavalier ne manque pas d’humour. Très beau.