Henry & June (Philip Kaufman, 1990)

Au début des années 30 à Paris, l’épouse d’un banquier couche avec l’écrivain Henry Miller.

Comment un film sur la liaison entre Anaïs Nin et Henry Miller peut-il s’avérer aussi peu excitant? C’est certainement parce que Philip Kaufman s’est laissé aller à sa fascination béate pour le pittoresque bohème du Paris des années folles. Son film est une collection de clichés dénuée de sève mais boursouflée de prétention « artiste » (surimpressions à gogo). Les acteurs, à l’exception de Marie de Medeiros, sont particulièrement à côté de la plaque. Uma Thurman est mono-expressive et Richard E.Grant en Henry Miller frise le ridicule à force de tics conventionnels. Consternant et d’autant plus ennuyeux qu’excessivement long.

Monsieur N. (Antoine de Caunes, 2003)

En 1840, lors du retour des cendres de l’Empereur à Paris, un Anglais qui fit partie de sa garde se souvient des dernières années de Napoléon à Sainte-Hélène et s’interroge sur sa mort…

C’est avec une belle élégance qu’une hypothèse romanesque est échafaudée à partir des réelles zones d’ombre de l’Histoire. Le décor sud-africain, que l’on imagine ressemblant à Sainte-Hélène, est bien appréhendé par un découpage joliment classique et le récit mélange intelligemment intrigue mystérieuse, romance, affrontement entre le geôlier et son prisonnier, et réflexion sur la grande histoire. Le manque de souffle de la mise en scène et les inégalités de la distribution (les acteurs secondaires sont bons, notamment l’inattendu Roschdy Zem, mais Torreton fait du théâtre et Richard E. Grant est caricatural) empêchent Monsieur N. d’être un film beaucoup plus qu’intéressant mais son échec fut clairement immérité.