Rapport confidentiel (Report to the commissioner, Milton Katselas, 1975)

A New-York, l’enquête sur la mort d’une jeune policière infiltrée chez un trafiquant de drogue révèle les dessous d’un commissariat.

Les quelques artifices dramatiques de la dernière partie altèrent à peine la saveur réaliste de ce très bon polar où les rues du coeur de Manhattan sont restituées dans tout leur grouillement.  La complexité de l’intrigue évite l’univocité dans le pessimisme (car un polar américain des années 70 est forcément pessimiste).

Les chaînes du sang (Bloodbrothers, Robert Mulligan, 1978)

Un jeune homme issu d’une famille italo-américaine hésite entre une carrière toute tracée par son père dans le bâtiment et son envie de s’occuper d’enfants.

Bloodbroothers est un joli film racontant la lutte d’un individu contre l’emprise de son milieu. Cette emprise est aussi bien extérieure qu’intérieure. Il faut qu’il trouve sa propre voie et assume un choix.

Le film est très écrit, trop parfois (je songe au drame du personnage de Tony Lo Bianco) mais ne manque pas de vie. Le focus se fait sur la confrontation entre le fils et son père mais le récit est polyphonique et chaque personnage secondaire existe amplement. Entre bars, boîtes de nuit et chantiers de construction, l’évocation du Little Italy des années 70 ne manque pas de pittoresque. La bande originale d’Elmer Bernstein, funky à la limite de la parodie, est pour beaucoup dans la réussite de cette atmosphère urbaine.

Par ailleurs, Mulligan conduit son récit en se ménageant des digressions qui donnent de l’épaisseur aux personnages. Par exemple, à la fin d’une scène familiale importante où l’avenir du cadet est discuté, le père se réconcilie avec son épouse en lui chantant Maria. Grain de folie, étincelle de vie qui insuffle une vérité émotionnelle à la mécanique narrative.

Bloodbroothers est d’autant plus réussi que les acteurs sont tous excellents. Que ce soit Tony Lo Bianco et Paul Sorvino dans le rôle des vieux briscards italiens ou Richard Gere qui joue le jeune héros, tous sont finement dirigés. Richard Gere est un acteur inégal mais il est vraiment à son aise dans ce rôle éminemment springsteenien qui pourrait bien être le meilleur de sa carrière. Son mélange de charme et de fadeur sert idéalement son personnage timide.