Amour et journalisme (Mauritz Stiller, 1916)

Pour connaître les projets d’un explorateur, une journaliste se fait engager par lui comme bonne à tout faire.

Certains historiens du cinéma ont pu exagérer l’apparentement de la comédie américaine des années 30 à Amour et journalisme: si son canevas est similaire à celui d’un film comme L’amour en première page, ce film suédois, à mi-chemin entre primitivisme et classicisme, reste dénué de la richesse de détails réalistes ou saugrenus qui donne sa saveur aux plus fameux représentants du glorieux genre. Le milieu du journalisme n’est ici pas exploité en tant que tel. C’est des jeux de séduction entre leurs deux protagonistes que les auteurs font leur miel. Le charmant naturel des acteurs et l’aisance du découpage font alors merveille. D’où la fraîcheur et la vivacité inaltérées de cette petite comédie de Mauritz Stiller.

Le trésor d’Arne (Mauritz Stiller, 1919)

Dans la Suède du XVIème siècle, une jeune fille tombe amoureuse d’un des trois hommes qui massacrèrent sa famille.

Pourquoi, en dépit d’une intrigue lourdement moralisatrice et d’une narration parfois encombrée d’intertitres, ce classique du cinéma muet suédois n’a t-il guère vieilli? Parce que la mise en scène donne une véritable présence aux éléments filmés. Ce qui frappe quand on regarde Le trésor d’Arne, c’est le poids de la matière qui en fait le contraire d’une oeuvre de conventions. Les gueules burinées, les barbes perlées de glace, les traits évanescents des jeunes filles (superbe Mary Johnson!), la neige, le vent qui balaye tout ça, la puissance dramatique de certains cadrages, le pittoresque parfaitement dosé des scènes de genre…A la manière du western, l’inscription de la légende dans un cadre géographique et social déterminant lui donne une consistance profonde et inspire à Mauritz Stiller des séquences magistrales. Je songe à l’évasion du début, scène d’action au déroulement parfait, aussi bien qu’à la sublime procession finale sur la mer gelée. Un très beau film.