Les truands (Carlo Rim, 1956)

t

Doyen des Français, le patriarche d’une famille de truands se voit remettre la Légion d’honneur…

Dépourvu de fermeté narrative et construit avec des flashbacks narrés par divers truands, Les truands est un film à sketches qui ne s’avoue pas. La tendresse burlesque de l’ancien caricaturiste Rim, patente dans sa façon de croquer des gendarmes en équilibre sur un toit parisien ou dans celle de filmer un pickpocket en action pendant la Commune, contribue plus au charme de la comédie qu’une distribution prometteuse mais décevante faute de constance dans le niveau des dialogues. Sympathique, sans plus.

 

Un homme marche dans la ville (Marcel Pagliero, 1949)

Au Havre, un docker subit les avances de l’épouse d’un collègue mis au placard par le directeur.

Cette tentative de néo-réalisme à la Française, mise en scène par un scénariste de Rossellini, est honorable quoique velléitaire. En effet, le décor du Havre, alors en cours de reconstruction, n’est pas aussi présent que Berlin dans Allemagne année zéro ou Rome dans Rome, ville ouverte. Ce qui compte avant tout, c’est l’intrigue passionnelle, charpentée comme une pièce de théâtre. Cette impression d’artifice théâtral est accentuée par la surabondance des dialogues, l’importance du café dans le déroulement du récit et le jeu d’acteurs frisant parfois la caricature (Robert Dalban). La dramaturgie s’articule autour d’un personnage de garce, bien interprétée par Ginette Leclerc et emblématique de la misogynie du cinéma français d’alors. Heureusement, la fin, belle et sourdement audacieuse dans son amoralité, justifie quelque peu la conduite caricaturale de son personnage. Par ailleurs, il y a quelques plans, tel la remontée du cadavre, qui impressionnent sans affectation.

Leur dernière nuit (Georges Lacombe, 1953)

Une professeur d’Anglais assiste un vieux gangster dans sa cavale qu’elle a rencontré dans sa pension de famille.

Pâle resucée du réalisme poétique. Le médiocre prétexte policier supplée la vague sublimation mythologique d’avant-guerre. Le couple formé par Jean Gabin et Madeleine Robinson est crédible de par la simplicité de leur rencontre. Il est donc regrettable que les auteurs se soient cru obligés de rajouter une tirade théâtrale au personnage de Gabin explicitant artificiellement son passé et sa psychologie. Peut-être est-ce dû au cahiers des charges « film de Gabin ». La mise en scène de Georges Lacombe est purement fonctionnelle. Bref, c’est pas indigne mais c’est pas terrible non plus.