Copland (James Mangold, 1997)

Un shérif du New-Jersey un peu simplet est sollicité par l’IGS dans une enquête qui vise les nombreux policiers installés dans son comté.

Même si l’artifice de certaines ficelles dramatiques est sensible, le récit habile et la pléiade d’acteurs immenses font passer un très bon moment. L’hommage final à Rio Bravo est plaisant.

Né pour vaincre (Ivan Passer, 1971)

Un héroïnomane au plus bas de sa déchéance rencontre une fille paumée qui tombe amoureuse de lui.

Sorti la même année que le célèbre Panique à Needle Park, ce premier film américain d’Ivan Passer déjoue les attentes habituellement liées à ce type de sujet. Point de naturalisme glauque ici mais une discrète abstraction de l’environnement composé essentiellement de personnages dont la caractérisation est réduite à une fonction dramatique. Les évènements déchoyant le héros s’enchaînent avec la précision dérisoire et implacable d’une horlogerie. Le ton a lui aussi quelque d’unique: amoral, détaché, dédramatisé (il n’y a qu’une scène de manque et elle n’est pas surchargée d’effets) mais secrètement chargé de compassion.

Enfin, ce qui contribue à faire de Born to win un film à part, c’est que le précieux esprit de Frank Borzage s’y manifeste dix ans après la mort du maître. La simplicité nimbée d’humour avec laquelle est présentée cette rencontre entre deux marginaux, la femme plus forte et pourtant plus inquiète que son homme et sa foi quasi-absurde dans son amoureux qui ne cesse de replonger rattachent directement Born to win à Man’s castle. Karen Black est ici une actrice digne de Loretta Young. Son visage chargé de larmes s’éloignant dans la voiture de police n’est pas montré plus de trois secondes mais il n’est pas près de s’effacer de nos mémoires.

Bang the drum slowly (John D. Hancock, 1973)

Un excellent joueur de base-ball pose une condition inhabituelle à son engagement dans un nouveau club: il exige que son pote, pas très brillant et atteint d’un cancer, soit recruté avec lui. Ce sera leur dernière saison ensemble.

Le cadre du film de base-ball est l’occasion de célébrer l’amitié et la camaraderie. En dehors d’un nombre important de ralentis, figure obligée et malheureusement très laide du genre, la mise en scène relativement sobre empêche le film de sombrer dans le vulgaire tire-larmes. Ce malgré l’aspect mélodramatique du sujet et son traitement très sentimental voire naïf. Robert De Niro à ses débuts est touchant dans son rôle de péquenaud condamné. A noter enfin que d’après son livre d’entretiens avec Lawrence Grobel, Bang the drum slowly serait le film préféré d’Al Pacino.