Beaux mais pauvres (Dino Risi, 1957)

A Rome, deux frères fiancés à deux soeurs se voient forcés à travailler par leurs promises…

Cette suite de l’excellent Pauvres mais beaux a le défaut habituel des suites: la grâce d’une réussite est réduite à des formules. Cela se ressent aussi bien dans le découpage, carré mais moins libre, que dans le scénario qui accumule les situations vaudevillesques, assez vainement et parfois à l’encontre de toute logique profonde (les potacheries du nouvel apprenti). La ville de Rome est beaucoup moins présente à l’image. Les auteurs capitalisent essentiellement sur la sympathie, bien réelle, de leur galerie de personnages. Le sujet du film, à savoir l’argent dans le jeune couple de prolos, n’est qu’effleuré et c’est dommage car les quelques dialogues graves, notamment celui entre les deux amies d’enfance qui se rendent compte qu’elles n’attachent pas la même importance à la réussite matérielle, ne manquent pas de justesse. Bref, malgré une poignée de gags marrants et des acteurs toujours aussi amusants, Beaux mais pauvres déçoit.

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Un dimanche romain (Anton Giulio Majano, 1953)

A Rome, un dimanche où se déroule un match de foot, différentes intrigues se nouent.

Un film choral dans la lignée de Dimanche d’août. Grâce à son sens du rythme, à la présence du cadre urbain, à la sympathie des comédiens et à la cocasse justesse de plusieurs traits, Anton Giulio Majano parvient à faire oublier le caractère très artificiel de l’écriture. Seules les scènes mélo entre l’entraîneur déchu et son épouse vénale sonnent faux dans cette sympathique comédie de la tendance « néo-réalisme rose ».

Pauvres millionnaires (Dino Risi, 1959)

Après s’être disputé avec son épouse, un récent marié est renversé par une riche héritière qui s’entiche de lui tandis qu’il est devenu amnésique.

La facilité de l’argument du héros qui perd la mémoire et la retrouve selon la convenance de narrateurs se souciant peu de crédibilité dénie à Pauvres millionnaires les qualités de vérité humaine et sociale de Pauvres mais beaux. Le trait est plus conventionnel et moins précis bien que certaines scènes, tel celles avec les parents, fassent exception. Toutefois, l’écriture comique est peut-être plus brillante encore que dans le premier volet. Dès le début avec le train qui sépare sans cesse les époux, les auteurs montrent leur talent pour exploiter une situation comique jusqu’au bout et en tirer un maximum de rebondissements. Par ailleurs, plus court, Pauvres millionnaires n’a pas les -légers- problèmes de rythme de son prédécesseur. Bref, Pauvres millionnaires est un film plaisant mais mineur.

Les surprises de l’amour (Luigi Comencini, 1959)

A Rome, deux cousines exaspérées par la conduite de leurs fiancés tentent de se les échanger.

Amusant marivaudage où le tiraillement des personnages entre leurs propres désirs et les stéréotypes auxquels ils tentent de se conformer est plaisamment brocardé. La multiplicité des protagonistes, la sympathie des acteurs, le charme des actrices, la tendresse du ton et une certaine inventivité réaliste de la mise en scène (l’idylle montrée du point de vue des potaches, le jeu entre l’appartement et le café…) compensent bien la paresse du récit.

Les années faciles (Luigi Zampa, 1953)

Envoyé à Rome, un professeur sicilien intègre se corrompt face à l’inertie intéressée des bureaucrates…

Le récit est relâché, la fable se fait trop démonstrative dans son dernier acte et la fin apparaît longuette mais les diverses compromissions et veuleries dans la société italienne de l’après-guerre donnent lieu à de nombreuses scènes amusantes. Mine de rien, le dénouement est un des plus pessimistes jamais filmés. Plus que le terne Nino Taranto dans le rôle principal, c’est Gino Buzzanca, acteur de théâtre sicilien révélé au cinéma par Zampa, qui emporte le morceau grâce à sa composition de canaille sympathique et décomplexée.

Un Américain en vacances (Luigi Zampa, 1946)

Deux soldats américains en permission s’entichent d’une institutrice partie au Vatican demander de l’aide pour les réfugiés de son village.

Ce qui aurait pu n’être qu’une bluette inconsistante se dote, une fois le récit débarrassé du comparse de convention et du comique lourdaud qu’il amène, d’une profondeur inattendue. En effet, si le plaquage d’un vernis néo-réaliste sur le canevas à la On the town ne saurait suffire à rendre compte des catastrophes entraînées par les bombardements, l’intransigeance surprenante de l’héroïne et la pudeur de la mise en scène finissent par insuffler une poignante densité aux amours platoniques et éphémères du temps de guerre. Si vous avez l’occasion de voir Un Américain en vacances, restez jusqu’au bout, vous serez récompensés de votre persévérance.