Most dangerous man alive (Allan Dwan, 1961)

Injustement condamné à mort, un homme s’évade. Pendant sa cavale, il traverse un désert où ont lieu des essais nucléaires. Son corps acquiert alors la dureté de l’acier…

Le dernier film du prolifique Allan Dwan est particulièrement sombre. Après avoir aligné les chefs d’œuvre édéniques et somptueux, le vétéran -toujours associé à Benedict Bogeaus- entreprend de raconter l’histoire d’un homme tiraillé entre un nihilisme vengeur et l’amour d’une femme qui le pousse à tout faire pour reconquérir son humanité. Le cinéaste y met le même génie fait de condensation et de simplicité frontale mais, à la luxuriance visuelle de Cattle queen of Montana, Passion et autres River’s edge s’oppose désormais la sécheresse monochrome de saisissants tableaux de désolation. Quelles qu’en aient été les éventuelles raisons économiques, il n‘y a qu’à voir la terrible fin où les militaires américains éradiquent l’importun au lance-flamme pour se rendre compte que le retour au noir et blanc de la part de Dwan est, esthétiquement parlant, amplement justifié. Génie d’une certaine série B américaine où contraintes de production et qualités de mise en scène ne sauraient être distinguées. Face à une telle ampleur désespérée dans le constat de l’impossibilité du retour parmi les hommes, Terminator II peut aller se rhabiller. Ron Randell, acteur australien qui n’a pas eu la carrière qu’il méritait au cinéma, excelle dans le rôle-titre tandis que Debra Paget est sublime en garce fragile prête à toutes les séductions pour sauver sa vie. Most dangerous man alive est ainsi un des très rares chefs d’oeuvre du cinéma américain classique de science-fiction.