Baby it’s you (John Sayles, 1983)

Dans les années 60, une lycéenne se laisse séduire par un kéké d’origine italienne.

L’utilisation des chansons y est parfois illustrative mais, grâce notamment à l’aura juvénile de Rosanna Arquette et au goût de John Sayles pour les plans longs, cette bluette adolescente montre avec une belle justesse la joie spontanée d’une lycéenne qui danse devant sa glace sur les Supremes, son évolution intellectuelle entraînée par le déménagement sur un campus et le poids des classes sociales dans son premier amour.

Huit millions de façons de mourir (Hal Ashby, 1986)

Hal Ashby, le cinéaste le plus sensible du Nouvel Hollywood s’attaquait ici à l’adaptation d’un roman policier de Lawrence Block. L’histoire est celle d’un ancien flic devenu alcoolique qui retrouve sa dignité en enquêtant sur le meutre d’une prostituée dont il était amoureux. On voit donc facilement ce qui a pu intéresser Ashby dans ce sujet très conventionnel: la peinture de personnages désaxés. Grâce notamment au formidable comédien qu’est Jeff Bridges, il donne une réelle épaisseur à ce héros archétypal. Au milieu de séquences d’action brillament mises en scènes (un final plein de tension notamment), il filme les échanges entre l’alcoolique et les prostituées sans la moindre sentimentalité, avec une belle justesse de ton. En dépit d’une intrigue cousue de fil blanc et d’une musique atrocement 80’s , Huit millions de façons de mourir est donc un bon polar, une réelle sensibilité étant insufflée par les auteurs à un matériau vulgaire.