L’arche (Tang Shu-Shuen, 1968)

Sous les Ming, une veuve respectée par sa communauté doit accueillir un militaire dans sa maison où elle vit avec sa mère et sa fille.

Esthétiquement, le film est le cul entre deux chaises. Soutenu par le beau noir et blanc de Subrata Mitra (directeur de la photographie de Satyajit Ray), la mise en scène appuie sur les éléments qui poétisaient des films comme ceux de Mizoguchi avec un emploi abusif du gros plan (notamment sur des feuilles). Cette lourdeur de l’expression amoindrit justement la poésie. La lenteur soporofique va de pair avec quelques audaces de montage qui préfigurent ce que sera le cinéma de Hong-Kong dix ans plus tard. L’arche n’en demeure pas moins un film globalement académique.

Summer snow (Ann Hui, 1995)

Une famille de classe moyenne fait face à la maladie d’Alzheimer de son vieux.

Son ancrage naturaliste, sa tendresse -non édulcorante- et, même, un soupçon d’humour naissant naturellement du décalage entre un malade d’Alzheimer et son environnement, rendent ce film infiniment plus juste et infiniment moins sinistre que Amour de Haneke. Loin de se contenter de présenter une déchéance programmée, Ann Hui montre les répercussions économiques, conjugales et, finalement, existentielles de la maladie du grand-père sur sa famille et plus particulièrement sur sa bru, magnifiquement interprétée par Joséphine Siao. On pourra regretter que les trouvailles gestuelles, abondantes, ne prennent pas le temps de se déployer dans le temps mais Summer snow s’avère tout de même un beau film.