Turkish délices (Paul Verhoeven, 1973)

Un jeune sculpteur et une fille de bonne famille tombent amoureux.

La complaisance dans la laideur est franchement répugnante. Le systématisme de cette laideur nuit aux prétentions « réalistes » de Verhoeven. C’est juste de la provocation puérile. Le vitalisme de son héros lui permet toutefois de sortir de sa gangue caricaturale; les seconds rôles, eux, sont irrécupérables.

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Katie Tippel (Paul Verhoeven, 1975)

A la fin du XIXème siècle, pour nourrir sa famille récemment émigrée à Amsterdam, une jeune fille est exposée à toutes les corruptions…

Même si moralement, Katie Tippel n’est pas le film le plus cynique de Verhoeven (l’avilissement programmé de la jeune fille pure n’aura pas vraiment lieu), il y a déjà une complaisance désagréable dans la laideur au nom du « tout doit être montré ». Cette crudité et l’inventivité ponctuelle de la mise en scène (les ombres chinoises!) donnent une certaine force à plusieurs séquence mais, ressemblant plus à une plate chronique qu’à un grand roman, Katie Tippel n’a pas l’énergie vitaliste des meilleurs films de son auteur.

Spetters (Paul Verhoeven, 1980)

Dans la banlieue de Rotterdam, une vendeuse de frites avide de s’élever socialement s’intéresse à trois copains dont un jeune champion de motocross.

Force est de constater que la générosité romanesque de la narration et la puissance vitaliste de la mise en scène l’emportent face à la laideur délibérée du décor, de la lumière, des acteurs, de la musique, des images de sexe parfaitement gratuites et des consternants clichés (l’homo refoulé qui s’accepte grâce à un viol) qui sous-tendent une Weltanschuung ne déviant jamais de son cynisme programmatique. Pas sûr toutefois que Spetters supporte une révision.

Ladyhawke la femme de la nuit (Richard Donner, 1985)

Un jeune voleur évadé des oubliettes va aider un couple de nobles victimes d’une malédiction jetée par un évêque jaloux.

Tout ce que les années 80 peuvent avoir de plus terrifiant sur le plan esthétique. Il faut voir le générique pour y croire. La musique est de toute façon atroce tout le long du film. Et puis il y a cette connivence ironique qui a gravement parasité le cinéma de divertissement hollywoodien des années 80 (à l’exception d’une poignée d’irréductibles dont Spielberg et McTiernan). Cette détestable tendance est surtout présente au début avec les pitreries de Matthew Broderick qui désamorcent les enjeux dramatiques des scènes dans lesquels il est le personnage principal.

Par la suite, le second degré laisse la place à une histoire d’amour jolie dans sa simplicité et ne s’égarant pas trop dans son folklore médiéval-fantastique. Et puis ça ne peut pas être complètement nul puisqu’il y a Michelle Pfeiffer même si on ne la voit que dans des scènes nocturnes vu que le jour son personnage se transforme en faucon. C’est con. Mais c’est le sujet du film en même temps. Bref Ladyhawke est un aimable bien que peu trépidant divertissement.