The actress (George Cukor, 1953)

A la Belle-époque, la fille d’un marin à la retraite désire devenir actrice.

Les adaptateurs ne se sont pas donnés grand mal pour transformer en film la pièce de Ruth Gordon. The actress représente le pire du théâtre filmé: décor quasi-unique, monotonie visuelle, timing artificiel des rebondissements, absence de détails concrets dans la mise en scène, surjeu des acteurs. Même si Teresa Wright et le jeune Anthony Perkins sont plus crédibles, j’ai rarement vu des comédiens -Spencer Tracy et Jean Simmons pourtant habituellement excellents- aussi mauvais dans un film de Cukor qui semble avoir perdu toute finesse en matière de direction. D’où des personnages grotesques dont il est difficile de prendre au sérieux les tourments intimes. Et comme d’un autre côté, le comique est très pauvre et la satire à peu près nulle, il en résulte une oeuvre simplement morose et parfois grimaçante. Médiocre.

 

Harold et Maude (Hal Ashby, 1972)

L’histoire d’amour improbable entre un asocial de 20 ans et une petite dame de 80 ans.

Hal Ashby est-il vraiment un cinéaste sous-estimé ou est-il tout simplement un réalisateur d’importance secondaire ? Son film le plus célèbre, Harold et Maude, est en tout cas loin d’être à la hauteur des oeuvres majeures du cinéma américain des années 70. Charriant une idéologie foncièrement hippie, il porte les stigmates de son époque. La charge sociologique libertaire semble plus préoccuper les auteurs que l’intimisme et c’est bien dommage. En effet, celle-ci est d’une lourdeur qui parasite toute la mise en scène. Les personnages secondaires, n’ayant d’autre fonction que de cristalliser le discours « anti-conventionnel », sont bêtement caricaturaux  (voir le militaire). Les gags manquent de finesse et leur redondance fait ressortir les lacunes de la construction dramatique. Quel intérêt de montrer non pas un ou deux mais cinq ou six faux suicides d’Harold ?  L’anticonformisme est affiché avec trop d’ostentation pour être intéressant et il fait oublier les quelques jolis instants entre Harold et Maude, instants qui de toute façon ne vont jamais au-delà de la joliesse.