Le profil de la ville (Hiroshi Shimizu, 1953)

Dans le quartier commerçant de Ginza, un homme-sandwich prend en charge une petite fille qui a perdu sa mère et part à la recherche de cette dernière.

Passant de la campagne à la ville, Shimizu n’a rien perdu de son style. Désormais, ses longs travellings et d’amples mouvements à la grue permettent de restituer l’immensité des centres commerciaux et l’anonymat de Tokyo. Sans insister, avec une succession d’aperçus aux frontières du documentaire, l’auteur montre la soumission mercantile des Japonais -surtout des Japonaises- aux touristes occidentaux et les effets négatifs de la société de consommation. D’entraînantes scènes de cabaret, filmées en d’impecables plans-séquence, montrent que Shimizu lui-même ne rechigne pas à exploiter les recettes de l’industrie américaine du divertissement pour agrémenter son oeuvre. Comme souvent dans ses films, le noeud de l’intrigue dévoilé à la fin, révèle la profonde cohérence de l’errance qui a précédé. Bref, sans être aussi plein d’instants de grâce que Monsieur Merci ni aussi émouvant que Les enfants de la ruche, Le profil de la ville est une nouvelle réussite à l’actif de Shimizu.