Shampoo (Hal Ashby, 1975)


Les histoires d’un coiffeur qui tente de concilier ascension professionnelle et parties fines avec ses clientes. Ben oui, le coiffeur c’est Warren Beatty. Film mineur de Hal Ashby, Shampoo se suit sans passion mais agréablement grâce à une sympathique galeries d’actrices (je retiens Carrie Fisher dans ce qui était son premier rôle au cinéma, juste avant La guerre des étoiles). Le sexe à tout va est montré comme moyen de subversion (il faut voir le foutoir que le coiffeur met dans la bonne société en couchant avec toutes les femmes des notables), de force progressiste mais aussi comme marque d’immaturité qui empêche d’avancer, de construire. Le temps des illusions est révolu, une certaine nostalgie irrigue le film en filigrane, alimentée par une bande-son qui fait la part belle aux grands groupes de pop de la décennie précédente (Beatles, Beach boys…).

Potins de femmes (Steel magnolias, Herbert Ross, 1989)

C’est marrant ce qui peut nous attirer vers un film…
Je ne connaissais pas le titre français de ce Steel magnolias diffusé à la télé américaine mais une chronique sentimentalo-familiale qui se passe dans le Sud des Etats-Unis, avec plein de chouettes actrices dont Julia Roberts jeune, et une musique de Georges Delerue sont autant d’éléments qui ont concouru a éveiller mon intérêt. Las ! Pour une fois le titre français brille par sa pertinence! Le film est heureusement bien interprété, les actrices sont sympathiques (encore que Dolly Parton soit loin d’être une grande comédienne) mais la mise en scène de cette adaptation d’une pièce de théâtre est pauvre, très pauvre. Loin de moi l’idée de dénigrer le théâtre filmé au nom d’une vague « ambition cinématographique » que chaque film se devrait d’afficher ostensiblement pour gagner ses galons de chef d’oeuvre, mais encore faut-il que la dramaturgie soit à la hauteur. Or ici, les procédés sont trop convenus et leur utilisation trop redondante pour susciter l’adhésion. Le film avance par scènes. Ces scènes débutent par des conversations superficielles, généralement chez la coiffeuse, avant que la vérité d’une des personnages n’éclate, de façon physique souvent. L’écriture « sous- TennesseeWilliamsienne » est donc assez lourde. Enfin, même s’il y a malgré tout quelques jolies séquences grâce à la conviction des actrices (Sally Field surtout), la fin vulgairement lacrymale achève de ranger Steel magnolias dans la catégorie « film du dimanche après-midi pour M6 « . Dommage.