Le garde du corps (François Leterrier, 1984)

Le comptable d’une agence matrimoniale, amoureux d’une cliente, sabote la lune de miel de cette dernière, pensant qu’elle s’est mariée à un Landru…

Une comédie nulle (indigence totale de l’écriture) et de surcroît déplaisante dans la mesure où, après avoir tenté de nous faire rire de la bassesse du personnage principal (cette scène hallucinante où il roule sur les jambes d’un touriste), les auteurs en font un héros avec lequel on devrait partager la joie du triomphe.

Les mariés de l’an II (Jean-Paul Rappeneau, 1971)

En 1793, un homme qui était en Angleterre depuis cinq ans revient en France pour divorcer de son épouse.

La fantaisie naturelle et l’abattage de Jean-Paul Belmondo plus à sa place ici que Noiret dans La vie de château ou Olivier Martinez dans Le hussard sur le toit compensent le côté mécanique et artificiel propre aux comédies, certes toujours menées tambour battant, de Jean-Paul Rappeneau. Les personnages et le récit restent superficiels mais ce mixte improbable (et affadi) entre Quatrevingt-treize et Cette sacrée vérité est un film plaisant qui bénéficie en outre d’un joli thème musical de Michel Legrand.

Le jardin qui bascule (Guy Gilles, 1974)

Trois jeunes de banlieue sont chargés d’assassiner une riche aventurière qui vit dans une magnifique maison isolée.

L’histoire est parfaitement invraisemblable, très abstraite, mais se déploie via une narration que l’on pourrait qualifier d’impressionniste et qui fonctionne par petites touches. Il y a donc des moments de creux franchement ennuyeux mais d’autres, généralement des digressions, dans lesquels les personnages deviennent intéressants. Au sein d’un récit très solennel, des touches d’humour s’incarnent dans des personnages secondaires, notamment ceux joués par Guy Bedos et Frédéric Mitterrand. La lumière ensoleillée et la musique concourent également à la fascination que peut exercer ce film étrange (mais pas bizarre) mais le plus ensorcelant reste Delphine Seyrig. D’abord sa voix évidemment mais aussi son visage, ses jambes, tout, tout Delphine Seyrig n’est ici que fascination.