Le gaucho (Dino Risi, 1964)

Un attaché de presse et des actrices vont en Argentine pour défendre l’Italie dans un festival de cinéma. Là, ils rencontrent un immigré qui a fait fortune dans la viande de boeuf.

Partis en Argentine, Ettore Scola et Dino Risi n’ont eu qu’un mois pour écrire le film avant que le tournage ne commence. Cela se ressent tant le récit manque de ligne directrice. Toutefois, si le comique n’est pas aussi brillant qu’il ne le fut avec ces auteurs, plusieurs séquences touchent par leur pudique amertume; c’est le cas de celles avec le personnage de l’ami qui a raté sa vie joué par Nino Manfredi. Ses retrouvailles avec Gassman dans les quartiers populaires et immigrés de Buenos Aires font fortement songer à Nous nous sommes tant aimés, sorti 10 ans plus tard.

Les coupables (Luigi Zampa, 1952)

Enquêtant sur un assassinat, un juge d’instruction napolitain s’attaque à la camorra…

Le scénario est de Francesco Rosi et ça se sent au parfum de dénonciation désenchantée qui clôt le film. En dehors de ça, Les coupables est un polar comportant des longueurs (la laborieuse scène de reconstitution) et qui n’est pas exempt de facilités pour faire avancer l’enquête mais sa deuxième partie, focalisée sur un jeune couple voulant émigrer en Amérique, touche par la pureté de son lyrisme et le soin apporté aux images des quartiers populaires napolitains (certaines évoquent les futurs films signés par l’assistant-réalisateur: Mauro Bolognini).

La traite des blanches (Luigi Comencini, 1952)

Dans un village italien pauvre, des jeunes femmes s’engagent dans un marathon de danse pour payer un avocat à leur mari arrêté suite à un cambriolage.

La photographie, très influencée par le film noir américain, est soignée et réussie mais le récit, partant un peu dans tous les sens, manque de concision et de densité. La pertinence du réquisitoire social est également amoindrie par la convention des situations.

L’esclave du péché (Raffaello Matarazzo, 1954)

Suite à une catastrophe ferroviaire, une prostituée recueille une orpheline mais il va être difficile pour une femme de sa condition d’obtenir le droit de l’adopter…

Cette phrase d’introduction ne donne qu’un léger aperçu de l’accumulation de poncifs mélodramatiques du scénario. L’esclave du péché est une sorte d’essence de mélodrame réalisée par un maître du genre. A quoi reconnaît-on le maître? Au fait que les conventions n’apparaissent jamais dans son oeuvre comme des béquilles (il n’y a guère que le personnage du maquereau qui soit une facilité) mais qu’elles lui permettent d’isoler la substance d’un drame. Ce drame, c’est celui de beaucoup de grands mélos, c’est celui de l’oppression de la femme dans une société ultra-rigide. Le talent de Matarazzo, c’est de raconter son histoire en ne gardant que l’essentiel. Il fait preuve d’un sens de l’épure dans la mise en scène comparable à celui de Fritz Lang dans ses derniers films.