Le grand inquisiteur (Witchfinder General, Michael Reeves, 1968)

Pendant la première révolution anglaise, les pérégrinations du sinistre Matthew Hopkins, chasseur de sorcières de son état.

Comme souvent dans les films de ce genre, il y a une certaine complaisance dans les effets sanguinolents. La mise en scène est inégale mais le jeune réalisateur fait montre à plusieurs reprise de son aptitude à retranscrire la beauté de la nature. Ainsi, quelques magnifiques plans de la campagne anglaise restent-ils en mémoire, en raison notamment de leur lumière si particulière, un peu floue. De plus, la noirceur inattendue de la fin apporte un peu de profondeur à un récit par ailleurs superficiel (le passionnant contexte politique n’est guère exploité dans la dramaturgie) et excessivement manichéen (les méchants sont vraiment très très méchants). A voir si on est client du genre « épouvante ».

L’adorable voisine (Bell, Book and Candle, Richard Quine, 1958)

A Manhattan, une jolie sorcière séduit son voisin du dessous. Elle doit se méfier car une sorcière qui tombe amoureuse perd ses pouvoirs…

L’adorable voisine est une charmante comédie romantique. Sans plus. Le style est particulièrement élégant -le Technicolor feutré de James Wong Howe vaut le détour à lui tout seul- mais force est de constater que le registre limité de Kim Novak n’est pas adéquat pour une comédie. Son jeu manque de fantaisie, de vivacité. En revanche, les séquences où elle envoute James Stewart sont extraordinaires puisque cette dame est la fascination incarnée. Il faut la voir, lascive, féline, aguicheuse, sur son canapé…Elle est à la fois la limite et le principal atout du film. Du coup, l’analogie entre la sorcellerie et l’amour qui est en gros le propos du film est bien rendue.