Les voleurs de la nuit (Samuel Fuller, 1984)

A Paris, un couple de chômeurs braque les employés de l’ANPE qui les humilient.

Les amusantes grimaces de Claude Chabrol et le thème de Ennio Morricone, qu’il réutilisera de façon magnifique pour La légende du pianiste sur l’océan, sont tout ce qu’il y a à retenir de ce très mauvais film que son absence totale de précision, que ce soit dans le scénario ou la mise en scène, fait régulièrement flirter avec le nanar. Parmi mille autres détails, la façon dont Fuller imagine le train de vie des employés de l’ANPE est particulièrement embarrassante.

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Les cousins (Claude Chabrol, 1959)

Pour ses études, un provincial débarque chez son cousin parisien et quelque peu décadent.

Que l’opposition entre le naïf fils à sa maman et le cynique gosse de riches est caricaturale! Le provocateur détachement des auteurs par rapport aux dérives fascistes de ce dernier ne diminue en rien la pesanteur de l’expression d’un pessimisme pas moins facile que celui de Bost et Aurenche; l’examen de fin d’année est un deus ex machina des plus risibles. Les séquences de fête sont particulièrement ennuyeuses de par leur redondance même si on y décèle une utilisation signifiante de la caméra par le jeune Chabrol (voir ce plan où les invités apparaissent comme dans un aquarium). Le summum du grotesque est atteint avec l’homicide final sur fond de Liebestod.

Banco à Las Vegas (Silver Bears, Ivan Passer, 1978)

Pour le compte d’un mafieux de Las Vegas, un truand achète une banque suisse. Il se rend compte qu’il s’est fait arnaquer par son contact…

Sympathique comédie policière qui, comme les autres films de Ivan Passer, se distingue par la douceur de son ton plus que par la folie comique de sa mise en scène. Voir par exemple la très belle scène où le caïd cède la banque à son homme de main. Rien que pour cette idée, Silver bears, oeuvre à la limite de l’insignifiance mais qui n’y sombre pas tout à fait, mérite d’être regardée.

La rupture (Claude Chabrol, 1970)

Un notable tente de ruiner la réputation de sa bru pour récupérer la garde de son petit-fils après une violente scène de ménage.  La séquence de prégénérique est géniale d’intensité violente, c’est digne du meilleur Fuller. Après, ça devient long, ça manque de concision, une myriade de personnages secondaires diluent le drame initial pour faire dévier le film vers une sorte de vague critique de la médiocrité provinciale. Dommage.