Valerie (Gerd Oswald, 1957)

Dans l’Ouest américain, un crime abominable vu à travers les trois témoins principaux: le mari, l’épouse, l’amant supposé.

L’enrobage est celui du western mais la structure, à base de femme fatale et de flash-backs, est celle d’un film noir fraîchement influencé par Rashomon. L’artifice de cette structure, dont le dénouement ne casse pas trois pattes à un canard, n’empêche pas de passer un bon moment grâce à la solidité de la mise en scène: concision d’un découpage aux plans riches de sens, beauté sublime de Anita Ekberg, présence à la fois minérale et ambiguë de Sterling Hayden qui justifierait presque le culte excessif dont il fait l’objet.

Journey into light (Stuart Heisler, 1951)

Après le suicide de son épouse, un pasteur perd la foi, devient clochard et rencontre la fille aveugle d’un autre pasteur.

Malgré un début percutant, Sterling Hayden, piètre comédien aux capacités alors altérées par sa citation à comparaître devant la Commission des activités anti-américaines de McCarthy, ne rend pas crédible cette crise de foi au déroulement attendu.

Chasse au gang (Crime wave/The city is dark, André de Toth, 1954)

A Los Angeles, deux malfrats en cavale s’incrustent chez un ancien co-détenu en liberté conditionnelle.

L’alliage entre le réalisme imprimé par une photographie façon reportage et la tension spectaculaire insufflée par un découpage d’une parfaite sécheresse fait de Crime wave une pépite du film noir. Les qualités de présence des acteurs, notamment Sterling Hayden et ses cure-dents, empêchent la concision de virer à l’aridité schématique. La fin, quelque peu édifiante, contrecarre le désenchantement judiciaire naturellement exprimé par le récit.