Les gladiateurs (Demetrius and the gladiators, Delmer Daves, 1954)

Sous le règne de Caligula, le chrétien qui avait récupéré la tunique du Christ est condamné à devenir gladiateur.

De la finesse dans la caractérisation des personnages secondaires (sauf l’empereur), l’opulence de la direction artistique et la précision enlevée de la mise en scène n’empêchent pas le drame de ce chrétien gladiateur d’apparaître finalement schématique et attendu.

L’épreuve du bonheur (I’d climb the highest mountain, Henry King, 1951)

Au début du siècle dernier, les souvenirs d’une citadine qui s’installa en province suite à son mariage avec le pasteur du village.

Cette aimable tranche d’americana tel que savait les concocter Henry King (simplicité, tendresse, humour, jolis décors naturels en Technicolor) contient un passage d’une déchirante cruauté qui annonce les œuvres les plus pessimistes d’Ingmar Bergman quant à l’absence de Dieu. C’est que, lorsqu’il s’agit de confronter la foi chrétienne à l’athéisme, un classique comme Henry King sait traiter son sujet avec le jusqu’au boutisme qu’il faut. Ce jusqu’au boutisme, qui confine à la perversité, insuffle à sa vignette nostalgique une puissance dramatique inattendue. Le dénouement m’est en revanche apparu un peu facile.

L’attaque de la malle-poste (Rawhide, Henry Hathaway, 1951)

Des bandits séquestrent les occupants d’un relais en attendant la diligence chargée d’or…

Les ficelles dramatiques quelque peu artificielles du huis-clos confrontant honnêtes gens et malfrats sont transfigurées par la sécheresse inhabituelle de la mise en scène: sobriété heureuse de l’expression, dureté des scènes de violence, âpreté du noir et blanc. Reptile zébrant de son corps dégingandé ces images minérales, le formidable Jack Elam, qui faisait ici ses débuts de comédien, retient l’attention.

Les naufrageurs des mers du Sud (Reap the wild wind, Cecil B.DeMille, 1942)

Un armateur et le capitaine de son navire, amoureux de la même femme, enquêtent sur des naufrages mystérieux dans les mers du Sud.

Les naufrageurs des mers du Sud est un film d’aventures exotique assez typique du cinéma de DeMille. C’est à dire que pour le dynamisme de la mise en scène, on repassera. Le film est très bavard. En revanche, on se délectera des couleurs éclatantes d’un Technicolor saturé, de l’opulence de la direction artistique, de la composition élaborée des plans, bref de la beauté des images et du charme suranné d’une poésie de studio révolue. A noter aussi que les caractères sont étonnamment complexes, le héros n’étant pas celui que l’on croit au début du film.

David et Bethsabée (Henry King, 1951)

L’amour interdit entre le roi David et Bethsabée, l’épouse délaissée du plus vaillant de ses officiers.

David et Bethsabée est un peplum qui n’a rien de démesuré. Pas de bataille, peu de figurants, une durée raisonnable, le focus sur une histoire d’amour. C’est en fait un film que l’on peut qualifier d’intimiste. La mise en scène de Henry King y est d’une élégance rigoureusement classique. Cette approche n’est peut-être pas idéale pour évoquer les passions charriées par l’histoire de David et Bethsabée, l’expression des tourments des personnages est parfois trop verbeuse pour convaincre mais la beauté simple des cadrages, la chaleur du Technicolor de Leon Shamroy, la qualité du jeu de Gregory Peck et plusieurs idées intéressantes de narration (le flashback final) ou de mise en scène (le retour de David au champ de bataille) en font un beau film qui plaira tout particulièrement aux happy few que sont les amateurs du style feutré et délicat de Henry King.

Beau geste (William Wellman, 1939)

Trois frères adoptés par une riche Lady fuient la demeure dans laquelle ils ont grandi lorsque le saphir de leur bienfaitrice est dérobé par l’un d’entre eux. Ils  s’engagent dans la Légion étrangère…

Un beau film d’aventures classique avec de grands sentiments et de belles images. C’est très bien cadré mais ça ne tombe jamais dans l’imagerie. Ca sent la sueur et le sable chaud. Les passages avec le sergent sadique qui cumule tous les vices du monde auraient peut-être gagné à être supprimés car ils éloignent l’oeuvre de sa thématique sur l’honneur et la fidélité fraternelle mais ça reste un film d’excellente facture, une des références du genre.