L’acrobate (Jean-Daniel Pollet, 1976)

Suite officieuse du merveilleux L’amour c’est gai, l’amour c’est triste. Léon, le personnage récurrent des films de Pollet, se met ici au tango. Le comique est donc ici plus visuel, plus ouvertement influencé par le burlesque américain. Les scènes de danse remplacent les tirades de Marielle. Et on y perd pas mal. Claude Melki a beau être aussi inexpressif que Buster Keaton, ses gagmen -si gagmen il y eut- n’avaient certainement pas le talent de ceux de l’homme qui ne souriait jamais. De plus, dans la mesure où Léon n’a pas évolué d’un iota par rapport au précédent film -c’est toujours le même personnage de timide maladroit avec les filles-, L’acrobate souffre d’un fort ennuyeux air de déja-vu.

Je ne suis pas là pour être aimé (Stéphane Brizé, 2005)

Passé un début longuet dans lequel la pauvreté plastique (manque de moyens financiers ?) est criante, le film trouve sa voie: une belle histoire qui évoque avec vérité et avec une dureté inhabituelle la fuite du temps, la négation des sentiments individuels par l’environnement familial. Patrick Chesnais porte le film sur ses épaules.