Real life (Albert Brooks, 1979)

L’histoire de An american family, programme télévisuel qui montrait une famille américaine filmée toute la journée par les équipes de PBS.

Très bonne comédie qui brocarde l’aspiration au fameux quart d’heure de gloire ainsi que le cynisme des faiseurs de télé.  Avec une certaine jubilation, Albert Brooks pousse la satire envers la famille américaine modèle jusqu’au malaise. Il ne se contente pas de la moquerie et, ainsi que le montre l’ambivalence du producteur de l’émission, un type bienveillant, roué et finalement cinglé, atteint à une certaine profondeur dans l’évocation de la télé comme miroir grossissant des maladies de la société contemporaine. L’interprétation de l’auteur dans le rôle principal est excellente.

Chantage à Washington (Savage, Steven Spielberg, 1973)

Un journaliste de télé enquête sur des photos compromettantes impliquant un candidat à la Cour suprême.

Ce dernier téléfilm réalisé par Spielberg avant les Amazing stories est un thriller politique tout ce qu’il y a de plus banal. Les exégètes pourront toujours gloser sur les tartes à la crème brassées par l’intrigue: la démocratie, le quatrième pouvoir, les valeurs américaines…ça reste dénué de style et sans surprise.

Un homme dans la foule (Elia Kazan, 1957)

L’ascension sans limite d’un homme de la rue devenu speaker à la télévision. Avec ce sujet, on se doute d’où Kazan veut en venir. Et effectivement, on n’est pas surpris. Jamais. Un homme dans la foule est une fable schématique qui critique la société américaine. Pendant deux heures. Successivement jouet des puissances de l’argent et de la politique, le héros n’a aucune individualité. Le déterminisme scénaristique répond au déterminisme social, vision du monde un peu limitée intellectuellement et esthétiquement mais à laquelle Kazan le marxiste devait être sensible. L’histrionisme d’Andy Griffith et la perpétuelle outrance de la mise en scène, loin de compenser la pesanteur de la dramaturgie alourdissent le film. Le cinéphile à la recherche d’un bon film sur un quidam moyen propulsé tribun se tournera vers L’homme de la rue, chef d’oeuvre de Capra qui n’a rien perdu de son acuité et de sa beauté. L’amateur à la recherche du film définitif sur le cynisme des gens de la télévision se tournera vers l’excellent Network de Sidney Lumet.