Un trou dans la tête (Frank Capra, 1959)

Les relations houleuses de deux frères, l’un veuf bon vivant sur le point de se faire expulser et père d’un petit garçon et l’autre sérieux commerçant. A travers l’histoire de ce veuf immature, Frank Capra nous parle de solitude, de fraternité, de paternité…Grâce à la tendresse du cinéaste pour ses personnages, Un trou dans la tête est un joli film; ce malgré un manque de concision dramatique évident. Sinatra, parfait, joue un héros dans la lignée de George Bailey ou John Doe, un indécrottable rêveur quels que soient les coups du sort infligés par la réalité. Il est entouré d’excellents seconds rôles (Eleanor Parker, Thelma Ritter, Edward G.Robinson) qui donnent corps et âme à son environnement familial. Même si cette oeuvre tardive du grand Capra est  loin d’être aussi aboutie formellement que les chefs d’oeuvre des années 40, elle reste vraiment attachante.

La mère du marié (The mating season, Mitchell Leisen, 1951)

Une femme se fait engager en tant que cuisinière dans le foyer de son fils qui vient de se marier à une jeune femme de la haute-société…
Sous les dehors standardisés de la screwball comedy, il y a quelque chose du conte dans ce film par ailleurs pas aussi riche en gags, pas aussi trépidant, pas aussi léger, bref pas aussi drôle que les classiques des années 30. La beauté de La mère de la mariée réside plutôt dans le personnage adorable de la mère jouée par la grande Thelma Ritter, qui réunit les amants face à la belle-mère -jouée par Miriam Hopkins !- à la manière d’une bonne fée. Ou encore dans ce plan qui voit les jeunes mariés se retrouvant dans un de leurs placards, du comique de l’absurde à l’émotion de l’amour retrouvé comme au premier jour. Gene Tierney est lumineuse, plus désirable encore dans sa beauté simple de femme au foyer que dans les films très stylisés de la Fox.