Les rois du gag (Claude Zidi, 1985)

Deux jeunes auteurs comiques sont engagés par un roi de la télévision qui a peur de devenir ringard.

Servi par la vitalité des acteurs, le déchaînement burlesque rendu possible par l’intrigue méta-cinématographique est réjouissant et cent fois plus drôle que la somme des intégrales de Tati et Etaix mais dès que ça commence à vouloir approfondir les personnages et à développer une vision sur le conflit entre culture populaire et culture d’élite, c’est moins convaincant car perpétuellement caricatural. Pas grave.

Les 1001 nuits (Philippe de Broca, 1990)

A Bagdad, une jeune fille condamnée à mort par le sultan invoque un savant qui fut téléporté dans le Londres contemporain pour la sortir des périlleuses situations où elle est entraînée.

Une sympathique fantaisie qui ne se prend pas au sérieux mais dont le rythme et le dynamisme sont, surtout dans la première partie, entraînants. Au bout d’un moment, les péripéties se font répétitives et la ringardise des effets spéciaux lasse…Mais peu importe car, en 1990, Philippe de Broca avait toujours très bon goût en matière de femmes. Catherine Zeta-Jones, 19 ans, est à peu près sublime. Merci à lui de l’avoir lancée au cinéma.

La femme de mon pote (Bertrand Blier, 1983)

Pascal, le meilleur ami de Mickey, est encore tombé amoureux. Mickey va tenter de le sortir de ce mauvais pas. Avant de tomber amoureux lui aussi…

C’est du Blier c’est donc c’est assez abstrait. Comme son titre le laisse penser, La femme de mon pote traite de façon très générale de ses thématiques (l’amour et l’amitié). Par exemple, le contexte de la station de sports d’hiver et les métiers des deux hommes n’ont qu’une fonction décorative sans la moindre incidence dramatique.  Pourtant, le film ne souffre jamais d’un manque d’incarnation grâce à un excellent trio de comédiens finement dirigé. C’est sur eux que repose toute la mise en scène. C’est un véritable plaisir que de suivre Coluche, Isabelle Huppert et Thierry Lhermitte dans l’évolution de leur ménage à trois, que de les écouter dire leurs dialogues; des dialogues souvent drôles dont le mordant ne parvient pas tout à fait à cacher une profonde sentimentalité.

L’équilibre entre abstration théorique et verdeur vaudevilleque est globalement bien tenu. Il n’y a que les monologues face caméra de Coluche qui apparaissent déplacés et qui annoncent l’assèchement fumeux des futurs films de Bertrand Blier. Au moment de La femme de mon pote, le cinéaste ne s’est pas encore enfermé dans son système. En témoigne le sublime plan final qui tranche avec l’apparente misogynie du reste de l’oeuvre.