Madly (Roger Kahane, 1969)

Un jeune couple de marchands d’art accueille dans leur manoir une belle Antillaise rencontrée en boîte de nuit.

Alain Delon « sort de sa zone de confort » en s’attaquant au thème très à la mode de « l’amour libre » avec une sorte de comédie érotique -malheureusement ni drôle ni érotique- qui semble documenter sa relation avec Mireille Darc (qui fut d’ailleurs à l’origine du scénario). Cette rareté n’est malheureusement pas plus qu’une curiosité à cause de l’inconsistance du récit et du kitsch de l’inspiration.

Barrabas (Richard Fleischer, 1961)

Après avoir été gracié par la foule à la place de Jésus-Christ, le voleur Barrabas erre, tourmenté, dans l’empire romain.

Les plans longs, larges et beaux de Richard Fleischer posent un regard d’esthète sur ce long et redondant itinéraire spirituel, alourdi par une distribution d’acteurs prestigieux mais jouant sans nuance.

Les misérables (Riccardo Freda, 1948)

Tout le monde connaît l’histoire.

C’est inégal. A certains moments (la fuite du bagne, le regard de Fantine sur la place, la poupée de Cosette…), l’accord entre la dynamique caméra de Freda, le décor et les acteurs cristallise le sens de la scène avec une concision qui frôle la grâce. De plus, Hans Hinrich est un excellent Javert, faisant ressentir tout le drame du policier n’existant que par son devoir. Malheureusement, le budget restreint altère la qualité des séquences d’émeute de la dernière partie et, lorsqu’il s’agit d’incarner le monstre d’expérience et d’amour qu’est le vieux Valjean, Gino Cervi n’a pas le charisme nécessaire (contrairement par exemple à Harry Baur). D’où que, globalement, plus le film avance moins il passionne son spectateur; la fin mélodramatique insupporte carrément tant elle s’éternise alors que le récit souffre par ailleurs de gros raccourcis.

Un Américain en vacances (Luigi Zampa, 1946)

Deux soldats américains en permission s’entichent d’une institutrice partie au Vatican demander de l’aide pour les réfugiés de son village.

Ce qui aurait pu n’être qu’une bluette inconsistante se dote, une fois le récit débarrassé du comparse de convention et du comique lourdaud qu’il amène, d’une profondeur inattendue. En effet, si le plaquage d’un vernis néo-réaliste sur le canevas à la On the town ne saurait suffire à rendre compte des catastrophes entraînées par les bombardements, l’intransigeance surprenante de l’héroïne et la pudeur de la mise en scène finissent par insuffler une poignante densité aux amours platoniques et éphémères du temps de guerre. Si vous avez l’occasion de voir Un Américain en vacances, restez jusqu’au bout, vous serez récompensés de votre persévérance.