Trafic à Saïgon (Leslie Fenton, 1948)

A Saïgon, après la guerre, trois soldats de l’aviation dont un condamné à mourir dans les deux mois qui suivent à cause d’un bout de ferraille dans sa tête entreprennent une mission pour un trafiquant louche.

Un scénario qui, en plus d’accumuler les poncifs, est parfaitement incohérent.

La clé de verre (Stuart Heisler, 1942)

Un caïd s’amourache de la fille de l’adversaire du candidat qu’il supporte.

Et c’est le début d’une histoire compliquée. La sécheresse de la mise en scène n’exclut pas une certaine cruauté. C’est en fait une histoire d’amitié qui est au coeur de l’intrigue emberlificotée. Ce manque de clarté d’une narration par ailleurs trop verbale fait que La clé de verre n’est pas le meilleur film du duo Ladd/Lake.

Tueur à gages (This gun for hire, Frank Tuttle, 1942)


Un tueur à gages se retourne contre ses commanditaires.

La meilleure critique de This gun for hire a été faite par Jean-Pierre Melville qui en a extrait la substantifique moelle pour réaliser son chef d’oeuvre. On retrouve en effet dans ce petit film noir toutes les beautés du Samouraï à un état embryonnaire. La chambre est la même. L’imperméable est le même. L’histoire est la même. Simplement, son déroulement est plus bavard et moins fluide que celui de l’œuvre du Parisien au stetson. L’explicitation verbale des revirements du tueur fait de This gun for hire un classique récit de rédemption. Reste la mélancolie atavique du personnage et les traits félins d’Alan Ladd qui transcendent la banalité de l’intrigue. Alan Ladd a d’ailleurs été véritablement lancé par ce film.

Les voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941)

Le classique de Preston Sturges n’est pas un film si comique que ça. La satire envers le réalisateur d’Hollywood qui se pique de vivre comme un pauvre, sorte de bobo avant l’heure, est pour le moins grinçante et prend un tour carrément sinistre à la fin. Le film est une odyssée, voyage aussi bien physique qu’intérieur et a presque autant à voir avec le récit picaresque qu’avec la comédie. C’est rondement mené mais c’est infiniment moins drôle et joyeux que les chefs d’oeuvre du genre. Ajoutons que le happy end passe par une morale très douteuse (« t’es réalisateur donc on te sort du bagne même si tu as frappé un homme avec une pierre ») sans que cette morale ne semble remise en question par l’auteur.