Les gladiateurs (Demetrius and the gladiators, Delmer Daves, 1954)

Sous le règne de Caligula, le chrétien qui avait récupéré la tunique du Christ est condamné à devenir gladiateur.

De la finesse dans la caractérisation des personnages secondaires (sauf l’empereur), l’opulence de la direction artistique et la précision enlevée de la mise en scène n’empêchent pas le drame de ce chrétien gladiateur d’apparaître finalement schématique et attendu.

L’Egyptien (Michael Curtiz, 1954)

Pendant le règne d’Akhénaton, grâces et disgrâces d’un médecin qui a sauvé la vie du Pharaon.

La première partie, transposition d’une intrigue de film noir dans l’Egypte antique, est sans intérêt d’autant que Bella Darvi n’est guère crédible en femme fatale. La suite, qui tourne autour des conséquences politiques de la réforme religieuse d’Akhenaton, aurait pu donner lieu à un film intéressant si son écriture avait été moins soumise au romanesque bon marché typique des superproductions hollywoodiennes. Tout cela manque d’unité dramatique. Un bon point cependant: le filmage de Michael Curtiz n’a rien perdu de sa vivacité avec le Cinémascope.

Timbuktu (Jacques Tourneur, 1959)

Au Soudan français, pendant un soulèvement des autochtones, un mercenaire américain joue un trouble jeu avec le commandant de la garnison, son épouse et le chef des rebelles.

La convention du film d’aventures coloniales est détournée par un script intelligent qui rend incertaines les motivations des principaux protagonistes. Une multitude d’enjeux (patriotiques, économiques et amoureux) pèsent sur leurs décisions. Les personnages y gagnent une densité humaine tout à fait inhabituelle. Leur vérité psychologique va de pair avec une certaine grandeur romanesque exprimée à travers plusieurs actions surprenantes. Yvonne de Carlo est magnifique et les yeux de cocker de Victor Mature insufflent une tristesse bienvenue à son personnage de mercenaire désabusé. Comme il en a l’habitude, la petitesse de son budget est retournée par le cinéaste à son avantage: beauté nue des cadres, épure du découpage, génie de la fulgurance. Pour s’en convaincre, voir ne serait-ce que l’excellente ouverture.
Bref: Timbuktu est une superbe réussite de Jacques Tourneur.

La vie facile (Jacques Tourneur, 1949)

Une vedette de football américain marié à une femme ambitieuse apprend qu’il est gravement malade.

La matière aurait pu être celle d’un mélodrame flamboyant mais la sobriété du style rend le film très classique, presque terne. Il présente toutefois une critique assez fine et lucide de la société américaine. La vie facile est un film intéressant et plutôt réussi, qui, sans figurer parmi les chefs d’oeuvre de Tourneur, gagnerait à être redécouvert.

China doll (Frank Borzage, 1958)

Un beau film avec un excellent Victor Mature. La fin est peut-être un peu plus convenue que le reste d’un film qui brille par sa sensibilité. L’acuité du style de Borzage se ressent encore; ainsi de la séquence où Mature allume son briquet pour jauger la fille qu’un père de famille misérable lui propose. L’horreur de la marchandisation des êtres exprimée en un plan.

Samson et Dalila (Cecil B. De Mille, 1949)

L’Ancien Testament, quel fabuleuse réserve d’histoires mythiques…Et qui mieux que DeMille, a su mieux les mettre en images ? Personne. Souvent simpliste, DeMille avait un véritable don pour l’imagerie, don qui en faisait le cinéaste biblique idéal. Ne pas chercher de subtilité dans sa mise en scène rigoureusement archaïque mais se délecter des plans très composés, de ces cadres bariolés qui sont un beau contrepoint à une narration épurée. Se délecter aussi des diverses petites tenues d’Hedy Lamarr, une des plus belles actrices de tout le cinéma hollywoodien, femme fatale idéale dont l’interprétation sensible du personnage de Dalila fait que le film de DeMille est aussi, quelque part, un beau portrait de femme amoureuse.