La patrouille perdue (John Ford, 1934)


Pendant la première guerre mondiale, une patrouille anglaise perdue dans le désert mésopotamien est décimée par des tireurs arabes.
Ce film souffre des défauts des mauvaises collaborations entre Ford et son scénariste attitré des années 30, Dudley Nichols. Ouvertement intellectuel, le scénario est trop abstrait, les idées passant avant des personnages esclaves de procédés dramatiques éculés (le simili-huis-clos qui révèle les personnalités). Par exemple, à travers le personnage ultra-caricatural de Boris Karloff, les auteurs dénoncent le fanatisme religieux. C’est d’une lourdeur qui frise le grotesque. La mise en scène de Ford, entre théâtralité empesée et formalisme vain, ne fait guère ressentir la tension potentielle de l’argument de base. Ajoutons à cela la ridicule grandiloquence de la musique de Max Steiner et on comprendra que La patrouille perdue est un film étouffé par ses ambitions, que Ford et Nichols n’avaient pas encore poli un style, synthèse évidente et vibrante entre les recherches plastiques de l’un et la dramaturgie « à idées » de l’autre, qui allait donner au cinéma américain quelques classiques éternels au premiers rangs desquels figure La chevauchée fantastique.