Marianne (Benoît Jacquot, 1997)

Au XVIIIème siècle, une enfant trouvée devient servante et un jeune aristocrate s’en entiche…

Réduction à une heure et demi d’un téléfilm en deux parties. C’est pourtant déjà très long et très ennuyeux. Le mélange de préciosité, dans les abondants dialogues apparemment repris tel quel du roman de Marivaux, et de brutalité, dans les cadrages mouvants et très rapprochés, ne convainc jamais; l’arbitraire de cette mise en scène ne se transfigure jamais en une quelconque incarnation et assèche le fort potentiel romanesque du récit dont les énormes coïncidences apparaissent alors d’autant plus ahurissantes. De plus, la diction des comédiens et la prise de son sont telles qu’on n’entend pas un mot sur deux.

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Un baiser s’il vous plaît (Emmanuel Mouret, 2007)

Après qu’il l’a invitée au restaurant, une femme refuse le baiser d’un homme et s’en explique en racontant la mésaventure arrivée à un couple de sa connaissance…

De plaisantes arabesques (Emmanuel Mouret a un certain talent comique) enrobent un argument dramatique con comme la lune. Du fait que les personnages sont réduits à l’état d’animaux pulsionnels, le discours sur l’adultère ou encore l’ambiguïté de l’amitié hommes/femmes n’a à peu près aucun intérêt. L’auteur, schématique en diable, fait son miel de la stupidité de ses protagonistes. Un baiser s’il vous plaît n’en reste pas moins amusant et les comédies amusantes (et un brin sophistiquées) sont suffisamment rares aujourd’hui pour être signalées.

Jeanne et le garçon formidable (Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1998).

Une jeune fille qui couche avec plein de garçons tombe enfin amoureuse. Pas de bol, il a le SIDA.

Comédie musicale traitant d’un sujet de société, dans la lignée des films de Jacques Demy, Jeanne et le garçon formidable s’avère plutôt réussi malgré le côté foncièrement casse-gueule du projet. Certains chansons ralentissent le film mais d’autres sont entraînantes tout en synthétisant bien la situation. Le scénario est un peu simpliste mais concis et la mise en scène aérée donne au film une certaine légèreté malgré que celui-ci soit encombré de vouloir-dire militant: caricatures simplistes (le salaud d’ex qui évidemment sort de HEC!), idéologie post soixante-huitarde infantile, apologie des blaireaux d’Act-up. Et puis, il y a Virginie Ledoyen à 20 ans. Elle est merveilleuse de jeunesse, de beauté, de vitalité. Simplement irrésistible.