Return of the Texan (Delmer Daves, 1952)

Après le décès de son épouse, un homme qui était parti à la ville revient, avec ses deux fils et son grand-père, dans sa maison natale au Texas.

Quelques transparences de mauvais aloi et une bagarre finale qui résulte de la convention dramatique plus que de la logique du récit n’altèrent guère le charme de ce joli film où Delmer Daves évoque avec franchise et dignité le deuil de la mère, le retour au pays et la nostalgie du vieux pionnier inapte à comprendre que les temps ont changé mais aussi le recommencement en bas de l’échelle sociale et le désir flottant d’une femme. Le futur auteur de Jubal et La dernière caravane nous gratifie également d’une séquence typiquement westernienne mise en scène avec une surprenante intensité. Return of the Texan est de plus particulièrement bien servi par la toujours très belle Joanne Dru et le génial Walter Brennan dans un de ses rôles les plus variés et les plus émouvants.

Le vandale (Come and get it, Howard Hawks et William Wyler, 1936)

A la fin du XIXème siècle, l’ascension sociale d’un ambitieux bûcheron.

La première partie est virile, spectaculaire (magnifiques plans de jetées de troncs dans le fleuve dues à l’assistant de Hawks, Richard Rosson) et typiquement hawksienne. Si Frances Farmer, trop grave, ne m’a pas convaincue en entraîneuse de bar, Edward Arnold, dans un de ses rares premiers rôles, est très bien. La suite du récit, malheureusement, ressort du bête mélo. D’ailleurs, face à l’intransigeance de Samuel Goldwyn qui ne voulait rien changer du scénario, Hawks s’est fâché et le tournage fut achevé par William Wyler. Frustrant.

Driftwood (Allan Dwan, 1947)

Un médecin de campagne recueille une orpheline et son chien.

Driftwood est un film du genre « americana ». C’est à dire que son prétexte dramatique, exposé ci-dessus, permet de montrer les rapports sociaux d’une petite communauté provinciale. Simple, concis, varié et gentiment humaniste, Driftwood franchit parfois la ligne jaune de la mièvrerie (le procès du colley) et du larmoyant (les gros plans sur Natalie Wood enfant en larmes ou malade). Ce qui est assez étonnant de la part d’Allan Dwan que l’on a connu plus retenu dans ses effets. Plus superficiel et moins évocateur que Stars in my crown –sans doute le chef d’oeuvre du genre- , Driftwood est un film globalement mignon et parfois grand qui bénéficie d’une belle photo de John Alton et d’une excellente interprétation de l’ensemble des comédiens.